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Nouméa > Quartier-Latin - 12/05/2009
"Un saut en parachute à 100 ans
Pionnier de l’aviation calédonienne, engagé volontaire chez les paras durant la Seconde Guerre mondiale, Paul Klein n’a abandonné ni son humour ni son côté aventurier. Le 23 mai, trois jours après son centième anniversaire, il sautera en parachute au-dessus de Oua-Tom. Une première en France.
« Je n’aurai rien à faire, juste à me mettre dans l’avion et à sauter. Après, ça se déplie tout seul. » Dans sa maison du Quartier-Latin, Paul Klein sourit simplement : « Je veux marquer le coup des 100 ans, j’irai avec plaisir. » Un saut en parachute, rien que ça : « Il nous rabâche ça depuis des années, il adore ce genre de trucs à sensations, s’amuse son fils Henri. Il sautera en tandem avec une combinaison spéciale pour lui relever les jambes pour l’atterrissage. Nous avons l’accord du toubib. » Car hormis des maux de reins, Paul Klein fait figure de centenaire en pleine forme, qui « monte ses escaliers quatre fois par jour ».
Côté casse-cou, l’homme n’en est pas à son coup d’essai. En 1990, à l’âge de 81 ans, il s’offre déjà une chute libre de 2500 mètres au-dessus de Nouméa. Deux ans plus tard, en Nouvelle-Zélande, il saute à l’élastique depuis un pont de 70 mètres. Ce qui lui vaut alors le titre de « Ageless Hero ».
Le 23 mai, Paul Klein se lancera à 3 000 mètres d’altitude depuis l’avion du centre-école de parachutisme. Suivront 40 secondes de chute libre à 200 km/h, puis cinq minutes de descente le parachute ouvert. Seul un Australien de 101 ans a déjà réalisé pareil exploit dans le passé. En France, la plus âgée à sauter avait 94 ans.
« C’est une grande fierté, témoigne Olivier Seigner, le moniteur qui l’accompagnera en tandem. Je le prends un peu pour un Highlander. Avoir survécu après tout ce qu’il a fait… »
Les sauts en parachute, Paul Klein les connaît pour en avoir effectué 67 durant la Seconde Guerre mondiale, du côté de l’Egypte. En décembre 1940, il fait partie des tout premiers engagés volontaires du Pacifique parmi les Forces françaises libres. Il intègre les « paras » du Special Air Service, connu pour ses raids menés derrière les lignes allemandes en Afrique du Nord. « Sauter en mission, c’est autre chose que de sauter en amical », témoigne cet homme au destin exceptionnel.
Seul un Australien de 101 ans a déjà réalisé pareil exploit. En France, la plus âgée à sauter avait 94 ans.
Paul Klein se rappelle en riant de l’époque où il était prisonnier en Allemagne dans la forteresse de Colditz, réservée aux officiers les plus redoutables : « On grattait des tunnels pour s’évader. Mais on a toujours été repris. Les Allemands disaient que ça nous occupait ! Avec le temps, même les mauvais souvenirs sont devenus de bons souvenirs, qui hélas s’effacent un peu. »
La vie de Paul Klein, officier de la Légion d’honneur, c’est le roman de la liberté et de l’aventure. Il faut un certain goût du risque pour s’élancer dans un raid aérien Nouméa-Paris en 1939 (Lire notre encadré). Né à Grenoble le 20 mai 1909, Paul Klein a débarqué à 19 ans aux Nouvelles-Hébrides (l’actuel Vanuatu) en tant qu’agronome dans les plantations de cacao, coprah et café, avant d’être « mordu par un regard féminin », celui de son épouse Thérèse Laborde, et d’adopter la Calédonie. Après la guerre, il monte une entreprise de transport, avec, là encore quelques frayeurs : « Rouler sur les mines de Kouaoua dans les années 1950, c’était déjà une aventure. » Prochain épisode le 23 mai.
La vie de Paul Klein est racontée dans un passionnant ouvrage, Paul Klein, un Calédonien de choc (signé J.-M. Cler), truffé d’anecdotes et de témoignages.
Sylvain Amiotte
Il fête aussi les 70 ans de la première liaison Nouméa-Paris
Pour Paul Klein, ce 20 mai 2009 sera symbolique à double titre, puisqu’il marquera, en plus de son siècle d’existence, le 70e anniversaire de l’arrivée de la première liaison entièrement aérienne Nouméa-Paris, le 20 mai 1939 à l’aéroport du Bourget. Près de deux mois d’aventure pour un raid de 25 000 kilomètres en 48 étapes de 400 kilomètres en moyenne. Paul Klein avait accepté la proposition de son copain Henri Martinet, « qu’on surnommait le pharmacien volant », de réaliser ce voyage en tandem à bord d’un petit avion monomoteur (un Aiglon Renault 100 CV). Pour Paul, le départ s’est fait seulement depuis Darwin en Australie, un réservoir d’essence ayant dû être installé sur son siège pour permettre la liaison depuis Ouaco ! « On devait parfois se poser à des endroits où il ne fallait pas, en fonction de nos besoins en essence, ou quand le moteur bafouillait », se souvient-il. Comme par exemple à Bali, où l’avion piqua du nez sur une plage, ouvrant la porte à toute une aventure pour le réparer, avec l’aide d’équipages hollandais. « Partout où on arrivait, les gens se demandaient ce qu’on venait faire. Mais on a été bien accueillis partout et l’appareil a tenu jusqu’au bout. » Paul, qui aidait son ami à la navigation, grâce à des cartes et un compas magnétique, se rappelle des galères pour glaner toutes les autorisations ; ou de l’accueil grandiose dans le palais d’un maharadjah en Inde. L’exploit de Klein et Martinet fit les gros titres des actualités et retentit dans le monde entier comme la plus longue aventure jamais réalisée dans les airs. " 
Laurent Laloup le jeudi 21 mai 2009 Contribution au livre ouvert de Paul Klein | |