Contributions - Les Français Libres

Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943

 
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Retrouvailles des deux frangins

Page 207 et 208 de "Vanités" (C'est Louis qui parle)

"Le lendemain, sachant que l'escadron ne bougera plus avant nouvel ordre, je vais voir le capitaine et lui demande l'autorisation de parcourir avec ma moto la zone de stationnement de la Force L pour essayer de retrouver Jean. Naturellement, il me l'accorde tout de suite. Me voilà reparti à l'aventure, demandant de-ci, de-là, souvent à des anciens camarades d'Angleterre que je suis heureux de retrouver, où est Jean. Ainsi j'apprends qu'il appartient au Groupe Nomade du Borkou, et bien que les explications qu'on me donne se traduisent toujours par: par là, en indiquant une direction, je finis par trouver son unité. Seul Blanc au milieu de sa section de Noirs, tous de grands gaillards des tribus nomades du Nord du Tchad, il paraît encore un enfant. Pourtant je le trouve changé, il y a deux ans que je ne l'ai pas vu et il vient d'avoir vingt ans. Il est sergent-chef. II a toujours son visage et son allure générale de grand adolescent. Cependant à son regard et à sa façon de parler je remarque qu'il a sérieusement mûri.

Nous avons beaucoup de choses à nous dire. Il m'apprend qu'il a été blessé fan dernier par un éclat d'une bombe d'avion lors du raid sur Mourzouk. II me raconte aussi les combats du début mars sur la ligne Mareth. Ils ont été eux aussi, et je dois dire eux surtout, fortement accrochés. L'intervention des spitfires a été pour lui, non seulement une aubaine, mais encore l'occasion d'une frousse intense, un avion allemand descendu par un avion anglais est tombé littéralement sur lui, enfin pas loin, et il a manqué de peu d'être réduit en bouillie. Il me parle de Leclerc, de sa façon de commander sur le terrain. Ainsi à Matmata, le général, en tête, fait descendre des véhicules la compagnie la plus proche pour accrocher un ennemi à portée de la main, il se trouve que c'est la compagnie de mitrailleuses, celle à laquelle il appartient, car depuis sa blessure à la jambe il a quitté la voltige. Ainsi le général, toujours placé à un endroit crucial n'hésite pas, pour gagner l'ennemi de vitesse, à engager ce qu'il a sous la main. Je lui raconte à mon tour mes aventures, en particulier ma situation d'éternel élève aspirant.

Pendant ce temps ses Noirs préparent la tambouille. Pas du tout selon nos procédés. Sans doute sont-ils moins riches en essence, mais je crois surtout qu'ils obéissent à leurs coutumes. Avec trois cailloux, ils font un foyer sur lequel repose la marmite ou le plat de cuisson. Quelques uns vont chercher du bois, ou plutôt des brindilles et des plantes rares mais existantes, que leur flair leur permet de repérer. Il est vrai que dans le sud tunisien le désert est relativement riche si on le compare à celui de Libye et d'Egypte. Jean m'invite à partager son repas et nous passons l'après-midi ensemble, ce n'est qu'à la tombée de la nuit que je regagne mon bivouac. Je sais maintenant où il est, à quelle unité il appartient, ce qu'il fait et que nous allons être côte à côte dans cette campagne de Tunisie."

Page 304 "Je sais aussi qu'ils ont eu des nouvelles de Victor et de Jean, celui-ci a été blessé au débarquement dans le midi et se trouve à l'hôpital d'Alger."

Jacques Ghémard le jeudi 30 octobre 2008

Contribution au livre ouvert de Jean Louis René Tritschler

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