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' Mémoires d’Albert Chaillot
Du Breguet 14 à la Caravelle
Lignes aériennes Latécoère - Oran
En septembre 1926, j’apprends le démarrage chez Latécoère des lignes en Amérique du sud. Un voyage d’études avait été effectué en janvier 1925 avec les pilotes Joseph Roig, Paul Vachet, Victor Hamm et les mécaniciens Noël Gauthier, Paul Estival et Chevalier. Un camarade remonté à Paris, Amédée Jayet, maintenant chef d’atelier à Toulouse, me dit que Didier Daurat recherche des mécaniciens pour l’Amérique et m’affirme que je serais le bienvenu si cela m’intéresse. Je donne ma démission chez Breguet et je repars à Toulouse après avoir reçu une lettre d’engagement. Il y a quinze mois que j’en suis parti !
Huit jours après mon arrivée, on m’expédie à Oran où la ligne hydravions avec Alicante fonctionne toujours. Je vais avec un autre camarade Roger Pitot prendre le bateau à Port-Vendres et nous arrivons le lendemain à la base hydravions. Je retrouve des anciens camarades tels que Edmond Clavier (chef-mécanicien), Jean Traclet, Vincent Riera, Charles Castex, Joseph Achille, etc. et je suis affecté avec eux. Il y a aussi au départ d’Oran une ligne jusqu’à Casablanca exploitée par des Breguet 14 et des bimoteurs Laté 15 à moteurs Lorraine 275 ch sur le terrain de La Sénia. Le chef-mécano est Molenat un vieux copain d’escadrille au Maroc avec comme mécanos André Massol, Fernand Royère, Marcel Turlan, etc. Notre patron commun aux deux lignes hydravions et avions est Charles Poulin, mon ancien patron à Perpignan. Nous sommes installés tout au fond du port d’Oran où nous avons hangar et atelier. On y fait l’entretien des hydravions volant entre Oran et Alicante et on répare les moteurs (révision générale) ainsi que les cellules. Il y a donc quelques menuisiers avec nous dont Canovas qui viendra avec moi par la suite à Alger. Au cours d’un vol d’essai avec Charles Poulin, les câbles de gauchissement mal montés s’échappent de leurs poulies et par conséquent il n’y a plus de commande d’ailerons. Charles Poulin effectue des virages à plat avec prudence et nous amerrissons dans l’avant-port. Une autre fois, je fais en passager le vol d’essai d’embauche du jeune et nouveau pilote Louis Larmor qui se tuera à Alger quelques mois après. Les départs dans le port d’Oran sont très délicats, car on ne peut décoller en ligne droite vue la disposition des jetées. De plus, il faut tenir compte du vent et aussi des bateaux qui circulent constamment. Les hydravions sont toujours les mêmes, LeO H 13 bimoteurs Hispano 180 ch puis un autre Lioré monomoteur Renault 300 ch. Les pannes ont diminué car l’entretien s’est amélioré et il y a eu aussi des modifications d’ailerons."
Jacques Ghémard le vendredi 31 mars 2023 Contribution au livre ouvert de Paul Jean Julien Vachet Montrée dans le livre ouvert de 2 Jean Marie dit André Massol | |