Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943

 
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Jacques Zermati



Naissance : 18 septembre 1917 - Marseille 13

Activité antérieure : liberal / cadre

Point de départ vers la France Libre : Nord Afrique

Engagement dans la France Libre : Tunisie en mai 1943

Affectation principale : FAFL / parachutistes

Grade atteint pendant la guerre : lieutenant

Décès : 10 janvier 2016 -



Jacques Zermati - son Livre d'or !
 

"... Toujours pas d'Américains en vue ?... Avons-nous gagné ?

Oui, puisque, comme on le saura plus tard, ils ont pu finalement débarquer sans coup férir et occuper Alger le soir même.

Non, parce que, gaullistes, nous avons en fait ouvert la voie à une démarque de Vichy, d'abord avec Darlan puis avec Giraud, tout cela avec la bénédiction des Américains pour lesquels nous avons tiré les marrons du feu, Le préfet Temple est à nouveau tout puissant dans sa préfecture.

Quelle merveilleuse nuit des DUPES! Mais, ce soir vers vingt heures, j'aurai vu pour la première fois dans la rue des Américains, assis dans de drôles de petites voitures carrées, un drapeau flottant sur leurs véhicules. Ils étaient manifestement sur le qui-vive dans cette rue déserte, prêts à tirer. Ils ne savaient sûrement pas qu'il n'y avait aucune chance que cela se produise et que nous y étions pour quelque chose."

arri.fr 

L. Laloup le dimanche 02 mars 2008


www.arri.fr 

" Par Jacques ZERMATI *

L’intervenant nous a conté avec émotion et humour une histoire « pleine de bruit et de fureur », la sienne dans cette Algérie où, officier français blessé, de confession juive, il se découvre « sujet » et non plus citoyen français du fait de l’abrogation du décret Crémieux (24 octobre 1871), voit les biens de sa famille placés sous séquestre, interdit d’activité dans la fonction publique.

L’Afrique du Nord pendant la Révolution nationale. Les Français d’Afrique du Nord refusent d’abord la capitulation. Prêts à continuer le combat en juin 1940, le général Noguès et l’armée d’Afrique acceptent par discipline l’armistice « le rouge au front ». Quelques semaines plus tard, l’Afrique du Nord est devenue pétainiste ! La Révolution nationale a conquis l’AFN : les minorités espagnole d’Oranie et italienne du Constantinois, favorables à Franco et Mussolini, se tournent vers la collaboration ; les colons, par peur des « rouges », font de même. Les « Arabes », dix fois plus nombreux, sont muets.

Les « résistances » se préparent. Jacques Zermati découvre de Gaulle dont il n’avait jamais entendu parler, il veut se battre mais comment le faire à Sétif ? Un décret impérial de 1865 lui permet de recouvrer la citoyenneté française et sa croix de guerre lui ouvre la faculté de droit d’Alger ! Rejoindre la résistance n’est pas facile, il intègre le réseau dit « du 8 novembre » au sein duquel il devient l’adjoint de Raphaël Abouker. Arrêté à Sétif, lors des vacances d’hiver 41-42, il est libéré grâce à l’intervention d’un membre de son réseau, le commissaire de police Achiary. Les « résistances » s’organisent à Alger : à côté des réseaux de l’Intelligence service et de l’OSS, coexistent le réseau « Combat », pour la propagande, et le « réseau du 8 novembre », tourné vers l’action, qui fusionneront le 7 novembre.

Le « réseau du 8 novembre ». Les hommes qui le composent viennent de milieux divers : gaullistes, républicains, maurassiens antisémites, anciens cagoulards, militaires d’active, policiers, industriels, juifs, arabes – peu nombreux à dire vrai - mais tous sont des patriotes « désireux de rendre au pays son honneur perdu ». Le réseau, bien cloisonné, restera inconnu de la Direction de la Surveillance du Territoire jusqu’au 8 novembre ! Dirigé par le Groupe des Cinq, sa tête pensante, il comprend, suite à un accord négocié avec elle une base combattante, qui s’est développé indépendant et aura pour objectif de neutraliser les points sensibles principaux, civils et militaires d’AFN. En 1942, Jacques Zermati tentera, sans succès de rejoindre la France libre d’abord en avion depuis Sétif puis en essayant de détourner un bateau !
Les préalables à un débarquement. Pourquoi débarquer en AFN ? Les Américains veulent un choc direct en Europe, les Anglais préconisent son encerclement. La décision est prise en juillet 1942 de débarquer à Alger, Oran et Casablanca, sous commandement américain, en maintenant de Gaulle hors du coup. Les Américains comme le Groupe des Cinq, savent en effet que le succès militaire du débarquement repose en grande partie sur la neutralité bienveillante de l’armée d’Afrique farouchementanti-britannique et anti-gaulliste. Pour l’obtenir il faut recruter

Giraud, faute de mieux, Weygand ayant refusé.

Les étapes de la négociation. Dès mai 1941, le « Groupe des Cinq » adresse aux Américains une série de notes qui restent sans réponse. En octobre, le consul américain Robert Murphy obtient les pleins pouvoirs et l’accord pour remettre sur pied l’armée d’Afrique (100 000 hommes mais...sans arme). Le 24 octobre, le général Mark Clark, commandant en chef adjoint de l’opération Torch, débarque à Cherchell dans des conditions acrobatiques. Il approuve la note rédigée par le lieutenant-colonel Jousse qui prévoit le débarquement des Américains à Alger ; des armes pour la résistance mais il n’indique pas la date de l’opération. Le Groupe des Cinq tente de convaincre le général Giraud de rejoindre « son poste », celui-ci hésite puis gagne Gibraltar le 6 novembre en sous-marin.

La prise de contrôle d’Alger. L’avis de débarquement est transmis le 7, l’ultime réunion se déroule à 17 heures. Le mot de passe sera : « whisky, soda », des brassards de VP (« volontaires de place ») sont distribués aux hommes. Les groupes prennent position vers minuit. Le détachement commandé par Jacques Zermati, dans son uniforme d’aspirant, doit prendre la préfecture, neutraliser le préfet et son administration. Avec de vénérables fusils Lebel, les résistants entrent dans la préfecture grâce à un ordre de mission du général Mast et… à deux agents de police trompés par les apparences. Le préfet menace de faire fusiller les assaillants, la préfète fait du café et du thé pour tout le monde dans le grand salon… A une heure du matin, la Résistance est maître d’Alger.

Le débarquement a lieu le 8 vers 2 heures du matin. Depuis la terrasse de la préfecture, Jacques Zermati assiste à un échange de tirs au niveau du port ; 35 000 Américains (dont des Britanniques en uniforme américain pour ne pas exacerber le sentiment anglophobe nourri par Mers El - Kébir) débarquent l’arme à la bretelle mais ne pénètrent dans Alger que l’après-midi. Leurs pertes se limitent à des accidents de navigation des péniches de débarquement. Les Américains traitent le 9 novembre avec l’amiral Darlan. A la pagaille française succède la pagaille américaine… A Oran et au Maroc, où débarquent les hommes du général Patton, les choses seront plus difficiles : des officiers d’active occupant des postes de responsabilité dans la résistance, ont tenu informés leurs chefs qui … ont ordonné à leurs troupes d’ouvrir le feu… sur les Américains.

Conférence Témoins de l’Histoire - .
Notes de François Toussaint.

* Jacques Zermati est mobilisé en 1939, découvre la métropole avec la campagne de France ; blessé grièvement, il est fait prisonnier, s’évade et rejoint l’Algérie en décembre 40. Après la guerre, il est administrateur judicaire à Sétif avant de s’établir à Paris en 1962. Il sera secrétaire général de Rank Xerox France jusqu’en 1980. Jacques Zermati est un des premiers à avoir rejoint André Cruziat et Alerte aux Réalités Internationales. "

L. Laloup le dimanche 02 mars 2008

Dernière mise à jour le lundi 11 avril 2016

 

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