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Roger Victor Amédée Schadeck - son Livre ouvert ! "Publié le : lundi 15 janvier 2001 www.bienpublic.com 
BROCHON - Titulaire de 10 médailles militaires
Roger Schadeck n’est plus
C’est avec une grande tristesse que les habitants de Brochon et tous les nombreux amis de M. Roger Schadeck ont appris sa soudaine disparition.
Né à Strasbourg le 28 mars 1912, après des études faites en partie à Dijon, M. Schadeck accomplit son service militaire ; il sera à plusieurs reprises rappelé lors des crises internationales voulues par Hitler.
Evadé d’un stalag à Fribourg
Mobilisé en septembre 1939 au 404e RADCA, il participe à la campagne de France et, comme beaucoup de nos soldats, est fait prisonnier. Il est dirigé sur le camp de Kœnigsberg, en Prusse orientale. Son origine alsacienne lui vaut les propositions de collaborations nazies auxquelles il répondit avec courage : « Je suis français et reste français ». Il se retrouve derrière les barbelés d’un stalag à Fribourg. Les mauvais traitements et les brimades altèrent sa santé. N’ayant jamais accepté la défaite, il tente une première évation avec un camarade, en direction de la Suisse. C’est un échec. Une seconde évasion à quatre, cette fois, réussit, et quelques jours plus tard, Roger Schadeck retrouve la France, à Annemasse. Passant alors en zone libre, il parvient à se faire diriger sur Alger où son épouse s’est fait muter dans l’espoir de le retrouver un jour.
Les combats de la libération
Le désir de Roger Schadeck est de se réengager dans l’armée d’Algérie, récemment passée sous le commandement du général Giraud. Il est refusé sous prétexte de son état de prisonnier évadé. Un comble, alors que les Allemands lui ont fait des offres dans le Weermacht !
Il réussit finalement à se faire admettre dans les corps francs, en changeant de nom toutefois. C’est l’adjudant Claude Thomas (nom de son épouse !) qui part de nouveau en guerre à la reconquête de la patrie.
Après les dures opérations de Tunisie contre la fameuse Afrika Korps de Rommel, où il est blessé deux fois, l’adjudant Thomas est affectué à la CACI (l’artillerie, son élément) de la 1re DFL, en septembre 1943. Il peut ensuite fouler le sol de France, participer à tous les combats de la libération, puis à ceux de la campagne d’Allemagne, tandis que son épouse suit comme ambulancière bénévole dans la Croix Rouge française avant d’être intégrée dans les services de l’armée.
Un magasin de sports place des Ducs, à Dijon
Cette page de vie, brillante et exemplaire, a été présentée au cours des obsèques par le général Sourieau, président des Anciens de la France libre. M. Schadeck était titulaire de dix médailles, dont la médaille militaire et celle des évadés.
Marié en 1939, à la veille d ela guerre, avec Mlle Germaine Thomas, le couple s’installera à Dijon où, de 1947 à 1979, M. Schadeck tiendra le magasin de sport, bien connu à l’époque, place des Ducs, se faisant remarquer par ses bons conseils, sa gentillesse et les services rendus.
La famille Schadeck, qui s’est retirée à Brochon, s’est agrandie de trois enfants : Michel, Claude et Claire, puis de cinq petits-enfants. Après avoir également servi sa commune au sein du conseil municipal, M. Roger Schadeck s’est éteint brusquement, entouré de l’affection des siens.
S’associant à l’hommage rendu, notre journal présente à sa veuve et à toute sa famille, ses condoléances attristées." Laurent Laloup le vendredi 10 octobre 2008 - Demander un contact Recherche sur cette contribution | |