Espérance Giner épouse Blain - Les Français Libres

Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943

 
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Espérance Giner épouse Blain



Naissance : 27 mai 1888 - Constantine, Algérie

Activité antérieure : liberal / cadre

Point de départ vers la France Libre : Metropole

Engagement dans la France Libre : en janvier 1941

Affectation principale : Résistance intérieure / Musée de l'Homme

Grade atteint pendant la guerre et spécialité : P2

Dossier administratif de résistant : GR 16 P 62140GR 16 P 256429

Dans la liste d'Henri Ecochard V40 : ligne 5867

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Espérance Giner épouse Blain - son Livre ouvert !
 

"... Il a surtout une opportunité formidable quand il croise la route d’Espérance Blain au début de l’Occupation. La Rochère intègre un petit groupe d’homme qui s’est formé pour tenter quelque chose. Son sens de l’organisation lui fait rapidement prendre la tête du petit groupe qui s’est baptisé Vérité française. Un vétérinaire de cette nébuleuse informelle, Philippe Sarrazin lui parle d’une connaissance qui travaille à la Préfecture de la Seine.

« Elle venait régulièrement pour son chien malade avant la guerre. De fil en aiguille, nous avons fini par nous lier amicalement. Elle ne supporte pas cette situation et voudrait se rendre utile.
— La revoyez-vous ? avait demandé La Rochère.
— La semaine prochaine pour son chien.
— Dites-lui que je vais solliciter un rendez-vous à la préfecture pour la rencontrer. Comment s’appelle son chien ?
— Hector… Pourquoi ?
— Ce sera mon code. Pour qu’elle me reconnaisse et soit en confiance, je lui demanderai des nouvelles d’Hector. »

C’est ainsi que La Rochère met un pied à la préfecture de la Seine. Espérance Blain travaille rue de la Bûcherie, à deux pas de Notre-Dame. Son service s’occupe de l’enseignement primaire mais elle est au cœur de la machine administrative. Elle le sait. La Rochère aussi. Il voit immédiatement l’intérêt d’une telle relation. Espérance Blain est une petite femme élégante de cinquante-deux ans. Elle ne suit pas la mode des magazines et porte des jupes à la coupe droite et sans fioriture. Comme lui avait dit Sarrazin, « Elle ne paye pas de mine ». Cependant La Rochère a remarqué son regard déterminé. Ils deviennent très rapidement complices malgré la réserve militaire de La Rochère. Espérance a le prénom le plus désigné pour la période. Elle fournit à son complice tous les documents officiels pour établir des faux : fiches de démobilisation, cartes d’alimentation, carte d’identité, laisser-passer de tous ordres, cachets, papiers à-en-tête. Plus encore, Espérance fournit également un petit bureau au militaire. Sa silhouette devient celle d’un honnête inspecteur général retraité de l’Éducation National. Il semble toujours actif dans la maison puisqu’il reçoit de nombreux visiteurs et travaille ardemment dans ce petit bureau équipé d’une machine à écrire et du papier de l’administration de la Révolution nationale. C’est ici que La Rochère rédige des tracts et dépose des documents sensibles. C’est également dans ce bureau qu’il code l’ensemble des renseignements qu’il collecte. Parfois quand Espérance passe discrète le voir pour donner des papiers subtilisés à l’administration, celui-ci répond souvent, sans lever la tête de son travail « Je chiffre, Espérance, je chiffre ! ». Il transforme les données et les plans en code qu’il transmet ensuite via son réseau aux services anglais. Espérance Blain, de son côté, ne se contente pas de subtiliser tel ou tel document, elle s’est trouvée un don incroyable pour recruter de nouveaux volontaires, si bien que, grâce à elle, une partie de l’administration centrale intègre son organisation. Du concierge au sous-directeur en passant par les secrétaires, Espérance Blain est à la tête d’un groupe particulièrement actif et nécessaire aux activités de Paul Hauet. Ce dernier a besoin de nombreux documents pour faciliter la fuite des fugitifs ou des clandestins. Jamais Espérance Blain ne croise Hauet ni Germaine Tillion. La Rochère et Hauet font très attention à maintenir une grande étanchéité dans les leurs actions. Les relais se font souvent par des boîtes aux lettres anonymes. Les informations circulent, en même temps qu’une prise de conscience du danger grandit. Tillion ne révèle rien de ses relations et connexions. Elle ne croise qu’une seule fois La Rochère, presque par hasard, parce que ce dernier est en contact étroit avec Boris Vildé et le groupe qui travaille, comme elle, au musée de l’Homme. Très rapidement, ce petit quatuor s’organise et sans fusionner. Ils tentent de maintenir un équilibre et un dialogue secret dans les distances propres aux réseaux clandestins. Chacun ne sait pas tout de l’autre.

Le mot même d’espion ou d’espionnage n’était pas entré dans l’esprit de Germaine. Elle a quitté une légalité qu’elle ne reconnait de toute façon plus. Mais elle n’a pas encore eu le temps de nommer ce qu’elle fait. Elle est dans une action qui prend toute son énergie, une action et une attention qui saisissent l’esprit. Les seules représentations connues sont celles de Mata-Hari. Elle est bien loin de tout cela. Elle pensait à cela sur son vélo, pédalant vers le boulevard Jourdan. Mata-Hari ! Ce qui fait une espionne efficace, c’était le sens de l’observation et la capacité de trouver un destinataire à ces observations. Le renseignement est tout ce qui compte alors. Mais il n’est rien s’il n’est pas articulé à un schéma de communication fiable. Il faut réussir à joindre Londres d’une manière pérenne et efficace. L’efficacité signifie alors « ne pas se faire prendre » et trouver les chemins de traverses vers la zone sud. Il faut savoir être nébuleux et clandestin au sein même de son réseau.

Mata-Hari ! Voilà donc la seule image que l’on garderait d’une Résistante ? Germaine Tillion n’est pas la seule femme dans sa situation, dans son engagement. Comme Espérance Blain ou Yvonne Oddon, elle s’engage très tôt et prend rapidement les rênes de l’organisation avec Hauet, faisant un travail de liaison et d’organisation avec différents groupes, jusqu’au rapprochement avec le groupe de Jacques Legrand Gloria SMH, ce réseau également créé par une femme, Jeanine Buffet-Picabia..."

sebastienrongier.net 

Laurent Laloup le mercredi 31 août 2022 - Demander un contact

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Probablement leur fils

BLAIN Alfred Antoine Noël Max
Naissance 07/08/1917 Algérie
Décès 15/04/2000 Saint-Leu-la-Forêt, Val-d'Oise, Île-de-France, France

GR 16 P 62134 | BLAIN ( Alfred Antoine Noël ) | 1917-08-07 | Constantine | Constantine | ALGERIE | FFi

Jacques Ghémard le mercredi 15 juillet 2020 - Demander un contact

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Veuve en 1918

Alexis Alfred BLAIN
Mort pour la France le 16-02-1918 (Saint-Raphaël - Hôpital complémentaire n°78, 83 - Var, France)
Né(e) le/en 22-01-1885 à Constantine (ex département de Constantine) (Algérie)
33 ans, 0 mois et 25 jours
Carrière
Statut militaire - Terre
Grade adjudant
Unité dépôt des travailleurs coloniaux (DTC)
Classe 1905
Bureau de recrutement Constantine (Algérie)
Matricule au recrutement 254
Mention Mort pour la France
Lieu de transcription du décès Constantine (ex département de Constantine)

Jacques Ghémard le mercredi 15 juillet 2020 - Demander un contact

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"BLAIN Espérance née GINER

Par Daniel Grason

Née le 27 mai 1888 à Constantine (Algérie), morte à une date inconnue ; commis principal à la Préfecture de la Seine ; résistante gaulliste ; internée.

Fille de Vincent et de Joséphine née Isen, elle épousa Alexis Blain, né à Constantine en Algérie. Adjudant, de la classe 1905 il faisait partie du Dépôt des travailleurs coloniaux. Il mourut le 16 février 1918 à l’hôpital complémentaire n°78 à Saint-Raphaël dans le Var d’une « maladie contractée en service ». Le couple eut un fils, Max né en 1918, il était ingénieur des Mines, officier de l’armée d’Armistice. Il fut affecté à l’École supérieure des Mines de Saint-Etienne.
Espérance Blain titulaire du Brevet Élémentaire était premier commis principal au service architecture de la Préfecture de la Seine au 98 quai de la Râpée à Paris (XIIe arr.). Elle vivait 38, boulevard Saint-Germain à Paris (Ve arr.).
Deux hommes Prévot et Ballaz agressèrent à main armée le 5 novembre 1943 sur la voie publique un nommé Chen Sun Theu. Le même jour dans la matinée, ils étaient interpellés par la police ils présentèrent des cartes d’identités qui s’avérèrent fausses. Interrogés, très probablement frappés, ils déclaraient qu’Espérance Blain avait fourni ces pièces d’identités gratuitement.
Le 5 novembre 1943 à 21 heures six inspecteurs de la BS2 se présentaient à son domicile. Sur la table de la salle à manger il y avait une machine à écrire, marque Underwood, Espérance Blain l’utilisait pour confectionner des fausses cartes d’identité. Les policiers saisissaient trente-six cartes d’identités établies à différents noms, un certificat d’emploi, sept cartes d’alimentation sans feuillets trimestriels, quatorze certificats, une carte de rationnement de pétrole, trente-et-une feuilles de démobilisation, vingt certificats de travail, soixante-dix neufs certificats de recensement, quarante-trois fiches individuelles de travail, onze feuilles de papier commercial, quatorze cachets de divers services de mairie et sept photographies d’hommes. Fouillée elle portait un carnet d’adresses.
Elle fut interrogée le 6 novembre par Jean Hénoque, commissaire de la BS2. Il lui demanda dans quelles circonstances elle avait confectionné les fausses pièces d’identité saisies. Elle répondit confectionner des faux papiers depuis 1940 pour des instituteurs évadés des camps de prisonniers de guerre. Elle utilisait les cachets de la Préfecture de la Seine, et avait fourni de faux certificats de démobilisation.
Les premiers services qu’elle rendit firent boule de neige. « Je me suis toujours appliquée » déclara-t-elle « à ne rien savoir des personnes auxquelles je rendais ainsi service et ce, dans le but de ne pouvoir parler d’elles si je venais à être arrêtée. »
Elle fabriqua deux fausses pièces d’identité en 1940, elle continua en 1941, en 1942. « Mon activité s’est accrue depuis la création du Service du travail obligatoire » déclara-t-elle. Le STO fut créé par la promulgation de la loi du 16 février 1943. Au cours de l’été 1943 elle fit l’acquisition d’une machine à écrire portative. Son activité s’étant accrue, les personnes achetaient les formules de cartes d’identité. « Je ne pouvais en effet » précisa- t-elle « continuer à assumer la charge [de] ces achats de formules. » Elle ne demandait que le prix du timbre fiscal, il arrivait que la personne vienne sans timbre, elle l’apposait sans en réclamer le prix.
« J’estime, que depuis deux mois que je suis en congé maladie, j’ai confectionné chaque jour, une vingtaine de cartes d’identité, autant de certificats de travail et un nombre à peu près égal de feuilles de démobilisation. » Toutes les différentes formules imprimées lui avaient été fournies gratuitement par des ouvriers d’usines, à qui elle avait fourni des faux papiers. Elle était néanmoins inquiète du développement pris par son activité clandestine.
Huit pièces d’identité lui furent présentées, ainsi que six cartes d’alimentation saisies chez elle. Elles « m’ont été remises par des jeunes gens qui ayant changé d’identité ne pouvaient les conserver par devers eux ». Elle ajouta « Ils venaient chaque mois chez moi pour y prélever les tickets qui leur étaient nécessaires. »
Elle affirma « ne travailler pour aucune organisation illégale et n’avoir agi que par philanthropie » et « n’avoir jamais ni reçu ni sollicité quoi que ce soit, en nature ou en espèces. »
Entendue après la guerre lors d’une commission rogatoire concernant l’un des inspecteurs qui l’interpella, elle déclara : « J’ai été arrêtée le 5 novembre 1943 par des inspecteurs de la Préfecture de police. Emmenée aux Brigades spéciales, j’ai été interrogée sans être maltraitée. J’ai été mise en liberté provisoire le 22 novembre 1943. Par la suite, je n’ai plus été inquiétée. Rien ne m’a été dérobé au cours de la perquisition effectuée à mon domicile. »
Espérance Blain a été homologuée au titre des Forces françaises combattantes (FFC), et des Forces françaises libres (FFL) d’obédience gaulliste.

POUR CITER CET ARTICLE :

notice BLAIN Espérance née GINER par Daniel Grason, version mise en ligne le 26 avril 2020, dernière modification le 26 avril 2020.

SOURCES : Arch. PPo. BS2 cartons 36 et 42 (transmis par Gérard Larue), 77 W 3116. – Bureau Résistance GR 16 P 62140. – Site Mémoire des Hommes Première Guerre mondiale."

Laurent Laloup le mardi 14 juillet 2020 - Demander un contact

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Soldiers of the Night: The Story of the French Resistance
De David Schoenbrun



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Laurent Laloup le lundi 27 avril 2020 - Demander un contact

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Au commencement de la Résistance. Du côté du musée de l'Homme 1940-1941: Du ...De Julien Blanc

GR 16 P 165202| DE GAULLE (Madeleine Marie)| 1908-09-28| Rouen| Seine-Inférieure| FRANCE| FFc



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Laurent Laloup le lundi 27 avril 2020 - Demander un contact

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Acte de naissance

Du côté du musée de l'Homme : nouvelles approches de la Résistance pionnière en zone occupéeJulien BlancDans Guerres mondiales et conflits contemporains 2011/2 (n° 242), pages 51 à 72
"... Ce bureau, situé rue de la Bûcherie dans le 5e arrondissement de Paris, lui a été fourni par Espérance Blain, fonctionnaire à la Préfecture ; tout le monde prend La Rochère pour un inspecteur de l’enseignement en retraite (voir dossiers individuels d’homologation d’Espérance Blain et de Maurice de La Rochère au sein du « réseau musée de l’Homme-Hauet-Vildé », Bureau « Résistance », Vincennes). ..."

Anom

Laurent Laloup le lundi 27 avril 2020 - Demander un contact

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Dernière mise à jour le mercredi 31 août 2022

 

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