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« … Son mari, acquis à son activité, va fournir des renseignements sur les entreprises et les installations portuaires. Elle s'ouvre par ailleurs à des amis médecins, Jean et Geneviève Congy, patriotes révoltés par la défaite, qui, en dépit de leurs charges familiales et de la santé précaire de Jean, acceptent d'entrer dans le réseau. On recrute parmi les patients du couple Congy mais également dans sa sphère amicale et professionnelle. Le réseau s'étend ainsi à Montereau avec le docteur Delaigue ("Frédéric"), à Vaires avec le docteur Mathieu, de l'hôpital Laennec, lié aux cheminots, à Corbeil avec le docteur Bertrand. Henri Sergent, observateur de l'aérodrome de Villaroche est recruté ainsi que Fernand Cauvin ("Adrien"), employé à Radio-France à qui on devra plans et renseignements sur la station de Sainte-Assise tenue par la Kriegsmarine, et surtout les codes utilisés pour les sous-marins (avril 1943). Ajoutons informations et documents sur le central téléphonique et les installations de la Luftwaffe à Gretz-Armainvilliers, sur les passages et stationnements d'unités observés par les gendarmes locaux. A cette tâche de renseignement s'intéresse bientôt une soixantaine d'agents (59 selon Marie Granet), divers sur un plan social alors que les membres des professions libérales, au premier rang desquels les médecins, constituent la cheville ouvrière.
Suzanne Tony Robert orchestre cet ensemble et, tout en recrutant des agents de liaison, transporte elle-même les renseignements dans le panier de sa bicyclette, dissimulés sous des légumes, avant de les acheminer à Paris où elle reçoit en retour des directives. Elle emprunte pour cela la ligne de la Bastille. A un moment difficile, le secrétaire général de la SNCF lui proposera l'utilisation d'une locomotive haut-le-pied. Le réseau compte bientôt neuf "maisons" (refuges), une douzaine de boîtes aux lettres. Une filière d'évasions vers l'Espagne est envisagée ainsi que des terrains de parachutage et des groupes d'action, Suzanne Tony-Robert débordant ici ses premiers choix et ses orientations initiales.
Pour les parachutages, un premier terrain ("Cobalt") est fixé près de Forcilles, non loin de souterrains pratiques pour dissimuler les containers. Le message lié au terrain sera : "le cobalt est cher aux peintres". Un second, "Tungstène", en Gâtinais (secteur VPO) est réservé pour les opérations "Mercédès" (les messages débutent par ce mot). Un troisième terrain, près La Tombe, est réservé aux Monterelais. Après bien des déboires notamment liés aux conditions météorologiques, générateurs de suspectes allées et venues, un parachutage a lieu en août 1943 apportant armes et argent. C'est à la suite de cette opération et au moment même de l'arrestation de Cavaillès à Paris que le sous-réseau reçoit des coups sévères, entre le 25 et le 28 août 1943 : les Allemands arrêtent huit agents dont Jean Congy, Sergent, le commissaire Morel.…. »
museedelaresistanceenligne.org 
GR 16 P 140301 | CONGY (Geneviève) | 1912-04-21 | Bourg-la-Reine | Seine | FRANCE | FFc
GR 16 P 140302 | CONGY (Jean Jules Armand) | 1910-08-08 | Beaurieux | Aisne | FRANCE | FFc
GR 16 P 112838 | CAUVIN (Fernand Auguste Clément) | 1902-04-10 | Bernay | Eure | FRANCE | FFc DIR 
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Laurent Laloup le mardi 14 novembre 2023 Contribution au livre ouvert de Suzanne Raymonde Josephine Bougenot épouse Robert | |