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Prisonnier à Dakar Gabriel Gustave PECUNIA
Naissance : 20 décembre 1901
Engagement dans la France Libre : 28 juillet 1940 (matricule FAFL 30.299)
Venait de :
Origine sociale :
Grade atteint pendant la guerre : officier principal des équipages de la flotte.
Affectation principale : marine / aviation
Dans l’ensemble, la carrière de Gabriel PECUNIA est mal connue de l’auteur de ces lignes. Au titre du ministère des armées, secrétariat d’état « Marine », il est nommé au grade de chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur par décret du 4 janvier 1946 avec attribution de la Croix de guerre avec palme. (Journal officiel de la république française en date du 24 février 1946 - page 1218G) avec la citation suivante qui résume une partie de ses états de service pendant la guerre :
PECUNIA (C.-G.), officier principal des équipages de la flotte : officier remarquable de sang-froid et d’allant. En 1940, officier mécanicien d’un groupe de vedettes rapides, a réussi dans des conditions particulièrement difficiles à maintenir en état les vedettes de son groupe a bord desquelles il a participé à la défense successive de Boulogne, Dunkerque et Cherbourg. Rallié aux Forces navales françaises libres dès le 1er juillet 1940, volontaire pour des missions dangereuses. A partir de novembre 1941, prend une part particulièrement active à la résistance et, du 24 mai 1944 jusqu’à la libération, commande le maquis du secteur Nord de Seine-et-Oise. »
La matricule FAFL, rédigée probablement début 1941, indique qu’il était officier de 1er classe mécanicien et qu’il fut engagé dans les forces aériennes de la France libre avec effet du 28 juillet 1940. Il est fort possible qu’il soit arrivé en Angleterre avant cette date. Les conditions et circonstances de son ralliement nous sont toutefois inconnues. Son grade d’officier des équipages de la Flotte permet d’affirmer qu’il avait commencé sa carrière militaire comme officier marinier voire même comme simple matelot.
Affecté au Groupe mixte de combat n° 1 du lieutenant-colonel Lionel de MARMIER (+), Gabriel PECUNIA embarque à Glasgow sur le Westerland, sur lequel se trouve de Gaulle, paquebot hollandais réquisitionné de la Holland America Line, qui lève l’ancre le 31 août 1940 à l’aube, au sein d’un convoi qui prend la direction des mers du Sud. Le 14 septembre, la force maritime franco-anglaise fait escale à Freetown, au cours de laquelle, deux Caudron Luciole sont transférés avec leur équipage sur le porte-avion HMS Ark Royal. Le 21, le convoi reprend la mer et, deux jours après, arrive en vue de Dakar, capitale de l’Afrique occidentale française et ville principale de la colonie du Sénégal. Ce matin du 23 septembre 1940, sur l’Ark-Royal, les pilotes des Lucioles font chauffer leur moteur et s’apprêtent à décoller pour Oouakam, la base aérienne de Dakar où les capitaine Henri GAILLET, Jacques SOUFFLET, l’adjudant-chef Jules JOIRE (+) et l’adjudant MOULENES vont tenter de rallier les forces aériennes composées d’un groupe de chasse et de deux groupes de bombardement, en place depuis la mi-juillet. L’adjudant-chef JOIRE, est un ancien du groupe de chasse, le I/4, avec lequel il a combattu et remporté six victoires homologuées pendant la campagne de France avant d’être sérieusement blessé au combat. Il est donc bien placé pour effectuer cette mission délicate. Les deux Lucioles décollent et mettent le cap sur la ville recouverte par un épais manteau de brume. Ils atterrissent sans encombre à Ouakam, suivis quelques minutes plus tard par un appareil britannique qui dépose trois officiers FAFL en renfort, l’officier des équipages Gabriel PECUNIA, un ingénieur mécanicien de la Royale, engagé dans les FAFL, le lieutenant Fred SCAMARONI (+) et le sous-lieutenant pilote Marcel SALLERIN. Le commandant du G.C. I/4, appelé sur le terrain par l’officier de garde, est vite neutralisé. Les sept émissaires peuvent penser un moment avoir réussi mais l’arrivée, quelques minutes plus tard, d’officiers du I/4 et de tirailleurs, armés de fusils mitrailleurs, renverse la situation et met fin à leur tentative. Ils sont faits prisonniers. Ironie du sort, JOIRE est arrêté par son ancien chef d’escadrille. (D’après « Le groupe mixte de combat n° 1 au combat - manuscrit inédit de l’auteur).
Considérés comme déserteurs et insoumis, les sept hommes sont emprisonnés dans des conditions pénibles, condamnés à mort, menacés d'exécution puis, via Alger, rapatriés en France où ils sont enfin graciés fin décembre 1940 et libérés à des dates diverses dans les jours et semaines qui suivront.
Comme on a pu le remarquer, la citation du 4 janvier 1946, nommant Gabriel PECUNIA chevalier de la Légion d’honneur, « ignore » complètement l’épisode de Dakar, ce qui semble assez curieux !
Enfin, par décret, signé Georges BIDAULT, le 3 juillet 1946 (JORF du 11 juillet -- page 68 MR) l’officier des équipages PECUNIA se voit décerner la médaille de la Résitance française.
(+ : tué pendant la guerre)
Yves MORIEULT - Metz, le 29 juillet 2009. Yves MORIEULT le mercredi 29 juillet 2009 Recherche sur cette contribution | |