Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943

 
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Jean Joseph Laborde



Naissance : 10 avril 1922 - Vielleségure (64)

Activité antérieure : étudiant / scolaire

Point de départ vers la France Libre : Métropole

Engagement dans la France Libre : Londres en juillet 1940

Affectation principale : Terre DFL - Moyen Orient / chars

1re cie de chars, QG 52, 501e RCC

Grade atteint pendant la guerre : sergent

Décès : 4 juin 2015 - Bordeaux

Dossier administratif de résistant : GR 16 P 325615

L'un des 17 de Pau qui partirent vers l'Angleterre sur le Léopold II 

Son portrait, ses récits 


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Jean Joseph Laborde - son Livre d'or !
 

" Je parle avec Joseph Laborde, qui est mécanicien aux TPR et connaît mon beau-père. Que dire si ce n'est épilo-guer sur la défaite qui nous réunit ? J'accuse violemment la République et le Front populaire. Stupeur : il les défend. «Je suis socialiste, dit-il fièrement, et même faucon rouge. »
À l'exception d'André Marmissolle, je n'ai fréquenté aucun marxiste. Que ce garçon quitte la France pour lutter contre les Boches me surprend. Pourquoi veut-il défendre son pays, puis­que l'Internationale exige la ruine des patries ?
J'écoute sa réponse avec intérêt : il souhaite combattre les fascistes et les nazis, tueurs de liberté, comme l'ont fait en Espa­gne les Brigades internationales, avant-garde du prolétariat. « Notre seul espoir, dit-il, est de les détruire. » Je suis moi aussi contre Hitler et le nazisme, mais, en dépit de la « trahison » de Mussolini (qui a déclaré la guerre à la France en pleine déroute, le lOjuin 1940),je suis en désaccord avec Laborde sur sa condamnation du fascisme.
J'écoute toutefois ce garçon sympathique — ce n'est pas un intellectuel, comme Marmissolle — défendre sa cause avec une conviction forgée par l'expérience de la vie. Je remarque que nous sommes très proches sur certains sujets. Par exemple, je partage sa condamnation de l'inégalité sociale, qui m'a révolté lors de mon stage dans les ateliers de mon beau-père. Com­ment ne pas le suivre dans sa défense des travailleurs et dans la transformation de leur condition ? En l'écoutant, il me semble mieux comprendre la révolte des « misérables ». Avec Laborde, elle s'incarne dans une présence criant l'injustice de la condi­tion ouvrière. Avec André Marmissolle, l'intelligence la trans­forme en algèbre d'un futur scintillant, mais glacé.
Je découvre par ailleurs une équivoque lexicale : les ouvriers sont pour moi des « pauvres » dignes de respect. Mon devoir est de les aider. Pour Laborde, ils sont des « prolétaires » fiers de l'être. Grâce à eux, l'humanité opprimée sera libérée de l'esclavage de l'argent. La doctrine de l'Action française dit-elle autre chose ?
De notre passionnante conversation, je retiens aussi deux éléments décisifs pour son engagement présent. D'une part, dînant l'été 1939, il s'était rendu en Belgique, où se tenait une exposition internationale dans laquelle il avait visité le pavillon allemand. Une gigantesque carte de l'Europe de l'Ouest y était exposée. L'Alsace, les Flandres belges, le nord de la France riaient hachurés de gris. Une ligne courait depuis la Picardie jusqu'à la tout prendre. » Lors de la déclaration de guerre, il a eu une certitude : vaincre pour ne pas être colonisé. Laborde a refusé la trahison de Pétain, qui a décidé sans lui de son avenir, et il a choisi de quitter la France et de poursuivre la guerre. Notre revanche est identique.
D'autre part, le 20 juin, entendant un de ses camarades évo­quer le projet d'un départ pour rejoindre l'armée d'Afrique, il a retrouvé Ballère, un de ses compagnons du garage des TPR. Son explication me réjouit : Pétain a réussi à coaliser les patrio­tes contre lui. Pas étonnant que j'éprouve de la sympathie en l'écoutant. Beaucoup d'autres voguent sans doute vers l'Afri­que du Nord ou l'Angleterre.
Existe-t-il entre les êtres un lien plus fort que leurs opinions ? je me suis déjà posé la question à l'égard d'André Marmissolle, que j'admire. Avec lui, rien ne peut être plus fort que l'amitié. Mais avec cet inconnu ?"

Alias Caracalla de Cordier Daniel

laurent le vendredi 14 août 2009 - Demander un contact


"Le visage du capitaine se détend imperceptiblement.
«Je vous ai déjà dit que je ne veux pas couler mon bateau.
— 2 500 francs pour la moitié. »
Le capitaine tend brusquement la main à mon beau-père : « Tope là ! » avant d'ajouter, de nouveau soupçonneux : «Attention, j'ai bien dit dans la cale, sans bagage et avec la nourriture.
— C'est d'accord. »
Remontant dans la voiture, mon beau-père rayonne de sa vic­toire, tandis que je suis désespéré. Comment choisir ? C'est facile pour mes camarades, Roy, Marmissolle, Bianchi, et moi-même ; également pour Ballère et Laborde, qui travaillent aux TPR. Le maire de Pau a recommandé le fils d'un de ses amis de Nantes, Marcel Gouillard. Cela fait sept. Nous devons sélection­ner un nom supplémentaire et éliminer les neuf autres. Après avoir parcouru de nouveau la liste, mon beau-père avise le der­nier nom inscrit : Christian Berntsen. Il met le doigt dessus : « Celui-là doit partir. » Nous l'ajoutons.
"

Alias Caracalla de Cordier Daniel

laurent le vendredi 14 août 2009 - Demander un contact


Joseph Laborde

Laloup laurent le mercredi 09 janvier 2008 - Demander un contact


L'oeuvre de l'artiste sculpteur

L'Oiseau Blessé
JJ Laborde - 1998
Si le sort le voulait,
Bousculant tout obstacle, je déploierais mes ailes,
M'arrachant à la Terre, je gagnerais l'Azur,
Me gorgeant de lumière, je serais enfin Libre

Laloup laurent le mardi 09 octobre 2007 - Demander un contact


Voici les Libérateurs de la France. Les chevaliers qui l'ont reconquise mais n'en ont pas pris possession. Ils se battaient seulement pour votre liberté. Et quelques-uns se sont battus cinq ans.

Le récit de Joseph Laborde est le récit de son engagement, de sa prise de conscience, et de ses incompréhensions. Ce n'est pas l'histoire de sa guerre.

Ne lui demandez pas le récit de ses combats, il vous dirait simplement : "Si nous n'avions pas gardé le sens de l'humour nous serions tous devenus fous" ou "On ne s'est pas battu souvent, heureusement, sinon, on y passait tous" ou encore "Le café à haute dose nous tenait éveillé et nous mettait dans un état second".

Non, raconter la guerre dans sa banalité et son horreur ne l'intéresse pas. Ce n'est qu'une longue descente vers l'inhumanité. Ce qui n'est pas banal, c'est le choix initial de JJ Laborde, à contre courant du renoncement général, à un age ou on est encore qu'un gamin. Un choix qui le mettra à part pour toujours, admiré mais haï.

L'armée allemande vaincue reste toujours le vainqueur dans nos esprits. Elle a mis à genoux l'armée française avant de n'être écrasée que par trop de chars sortant sans gloire des usines américaines. A l'Est, elle semble n'avoir perdu que par trop d'ambition, confrontée à une trop grande multitude jetée contre elle par un autre dictateur du même acabit.

Pourtant nous pouvons trouver de meilleurs modèles de courage, d'autres exemples de fière détermination : les Français Libres de Koufra, de Bir Hakeim, d'El Alamein.

Mais ces hommes étaient aussi devant Dakar ou en Syrie pour des combats entre français.

En libérant Paris ils ont, de plus, montré leur honte à ceux qui ont crié "Vive de Gaulle !" après avoir crié "Vive Pétain !".

Comment accepter ce passé qui ne passe pas ?

Le Récit de Laborde sur le site de la Cie de Chars de la France Libre : ciedechars.francaislibres.net/ 


JJ Laborde, en arrière à droite avec l'équipage de son char en 1944

Laloup laurent le mardi 09 octobre 2007 - Demander un contact


livresdeguerre.net 

" Jacques Herry, le voici sur la photo ci dessous, remettant lui même la légion d'honneur à Pierre Quillet, le rédacteur du "Chemin le plus long". Et l'homme arborant la coiffure d'Einstein, c'est JJ Laborde. "

Laloup laurent le mardi 09 octobre 2007 - Demander un contact

Dernière mise à jour le vendredi 14 août 2009

 

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