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René Isidore Decock - son Livre ouvert ! Sacrée drôle de Guerre, de Pierre Bourgoin (Sous le pseudonyme de Saint-Roc) :
"ambulance chirurgicale légère 23 SEPTEMBRE 1944.
Le sommet du plateau d'Onàns fut enlevé dans l'après-midi. On a retrouvé les corps de Stànguenec et de Degraeve. Stanguenèc a pris une rafale dans le foie. Les balles brisèrent contre lui la crosse de sa mitraillette. Degraeve fut frappé eh plein front, à quatre mètres de moi, d'après les traces. Je comprends maintenant pourquoi le char tirait trop haut. Degraeve, le grand Flamand, ne reverra plus jamais Bruxelles. Stànguenec ne pourra retrouver sa Bretagne..
D'après les connaisseurs notre tentative fut payante. Nous avons raté le char, mais lui s'est dégonflé. Au lieu de foncer, de bouleverser les compagnies, il est resté derrière ses buissons, puis changea de secteur.
Degraeve était bon camarade, violent, irritable, mais sensible, affectueux et loyal. Stranguenec avait du cran. Ce Breton prit l'habitude de s'alcooliser consciencieusement sous toutes les latitudes. Cette persévérance lui valut en Tunisie un avertissement sérieux. Quelque chose comme un début de delirium tremens. Le Capitaine se garda bien d'avertir le toubib. Tout s'est passé entre copains. Une cure forcée calma, puis désintoxiqua le pauvre vieux. Durant la période de dépression qui suivit, l'officier fit le point sans grandes phrases: « Mon gars, il faut savoir ce que tu veux, mourir de cyrrhose ou rentrer en France en tuant des Boches. Réfléchis... » Depuis Stànguenec ne buvait que de l'eau.
Un autre caporal est tué, Decocq, un Wallon celui-là. Il voulut venir nous chercher, une balle lui traversa le crâne. Un autre est blessé." Laurent Laloup le lundi 23 février 2009 - Demander un contact Recherche sur cette contribution | |