Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943

 
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Emmanuel Chevalier



Naissance : 30 décembre 1922 - Saint-Briac-sur-Mer (35)

Point de départ vers la France Libre : Metropole

Engagement dans la France Libre : en février 1941

Affectation principale : FAFL /

Dossier administratif de résistant : GR 16 P 127099

Dans la liste d'Henri Ecochard V40 : ligne 11058

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lettre originale de Victor QUERET

Bonjour,
je suis Pierrick QUERET, fils de Maurice QUERET, compagnon du BUHARA. Je possède l'original de la lettre de son frère Victor qu'il avait écrite lors de leurs détention à St Lô avant le procès. Malheureusement le coin droit du haut de la première page a été . peut-être pourriez vous me donner des informations sur le contenu total de cette lettre. En effet elle avait été copiée à l'époque par Odette Panier la fille du gardien français de la prison. Elle fût distribué par Marcel Dagust dans St Lô.
Merci de votre aide, et au plaisir de vous lire.

QUERET PIERRICK le mardi 22 septembre 2015 - Demander un contact


Extrait de "Cap sans retour" de G. L'Herbier Montagnon

Suite à la tentative d'évasion à bord du "Buhura" :

" Le 3 Mars, ils sont transférés à la prison de Saint-Lô et Passent devant la cour martiale de cette ville les 19 et 20.
Jugement de guerre de la Feldkommandantur N° 722
Juge : Kriegsgerichstsrat WIRTH, Président.
Capitaine von Pascali : Kreiskommandantur 741.
Serg Trautmann : Feldkommandantur 722.

Avocat des accusés : Feldkriegsgerichtsrat : Dr Diener.
Représentant pour les archives de la cour : Feldjusticzinspeckto Wolte.
Les Allemands décrètent que :
« Les évadés voulaient toucher les hautes primes promises par les Anglais.
« Qu'ils n'ignoraient pourtant pas que la R.A.F. n'engageait plus les aviateurs ayant signé leur engagement avant le 10 Mai 1940 car on les considérait comme des lâches.
« Que le Sergent Dorange a avoué qu'il fut le promoteur de évasion.

« Que les onze premiers accusés reconnaissent qu'ils quittaient : « la France afin d'entrer dans la R.A.F... »
La condamnation est prononcée pour le motif suivant : « Partis d'un pays étranger occupé par les troupes allemandes, par une action réfléchie et voulue, pendant une guerre contre le Reich, afin d'aider la puissance ennemie.
« Condamnés pour haute trahison — aide à l'ennemi — d'arr: les articles 4 etc., car les engagements dans l'armée anglaise sont punissables de par les lois françaises. En outre, l'action des accusés étaient dirigée également contre les troupes allemandes ».
Au nom du peuple allemand :
1°) le Sergent-Chef pilote Dorange Jean,
2°) le Caporal-pilote Devouassoud Pierre
sont condamnés à mort.
3°) Blangy Pierre, pilote et caporal, né le 17-9-22, à St-Malo
4°) Delabruyere Pierre, ancien élève pilote, né le 17-5-22 à Paris
5°) Mathiot Maurice, pilote militaire, né le 27-8-1921 à Nanterre.
6°) Cauvel Raymond, ancien élève pilote, né le 21-10-21 à Ergué
7°) Laruelle Robert, élève pilote militaire, né le 2-7-22 à Chartres.
8°) Aubry Emile, ancien élève pilote, né le 25-11-1919 à Saint Meloir.
9°) ZALEWski Auguste, ancien élève pilote militaire, né le 29-6-21
10°) Menetray Henri, mécanicien et ancien élève pilote, né le 11-1-22 à Lille.
11°) Cortot Robert, travailleur de l'Aéronautique, né le 25-10-20 à Antony.
12°) Gueret Victor, Mécanicien de la Marine, né le 28-11-24 à Paris.
13°) Gueret Maurice, serrurier, né le 23-11-24 à Dinard.
14°) Lebreton René, marin, né le 24-4-1917 à Dinard.
15°) Chevalier Emmanuel, électricien, né le 30-12-22 à St-Brieuc,

sont tous condamnés aux travaux forcés à perpétuité, sauf Maurice Gueret qui a 16 ans, à 7 ans de prison ». ..."

L. Laloup le samedi 26 avril 2008 - Demander un contact


Extrait de : assoc.orange.fr/memoiredeguerre 

Emmanuel Chevalier
Electricien automobile, 18 ans Né le 30/12/1922 à St-Briac-sur-Mer (35). Déporté en Allemagne le 28/4/1941. Libéré le 15/4/1945 à Luttringhausen. Autre lieu de déportation: Düsseldorf.

Le 12 février 1941, quinze jeunes gens, dont l'un avait 16 ans (Maurice Guéret) réussissaient à quitter, au milieu de la nuit, la baie de la Frênaye (Côtes-du-Nord), à bord du cotre " Le Buhara " qu'ils avaient acheté pour la somme de 40.000 francs à un batelier de Saint-Cast pour gagner l'Angleterre. L'aîné de tous : le moniteur-pilote Jean-Magloire Dorange avait 30 ans. Beaucoup étaient pilotes ou élèves-pilotes, deux étaient marins, tous enfin étaient d'ardents patriotes.
Dès le départ, la grand voile tombe sous l'effet du vent. L'équipage met le moteur en route, mais il donne des signes de faiblesse rapidement – l'essence, que les jeunes gens avaient subtilisée aux Allemands, avait un indice d'octane trop élevé– . De plus une voie d'eau se déclare. On imagine sans peine la consternation qui dut régner à bord, comme aussi l'angoisse qui les étreignait tous. Au petit matin, les jeunes gens virent apparaître à l'horizon la fumée d'un navire. Londres était au courant de leur expédition. Ils se persuadèrent que c'était un bateau anglais qui venait à leur rencontre. En réalité, c'est un patrouilleur allemand le "Bernhard Von Tschiraky" qui les accoste. Ils sont à 50 km de Guernesey.

Emmenés à Cherbourg le soir même, ils sont transférés le 3 mars à Saint-Lô où ils seront jugés. La mère de l'un des jeunes pilotes : Mme Devouassoud qui avait participé au financement de l'achat du " Buhara " fut également internée à Saint-Lô comme complice. Elle sera déportée en Allemagne.

Ils sont tous condamnés à mort, sauf le plus jeune. :
Après plaidoirie du capitaine allemand Rolls, la peine sera commuée en travaux forcés à perpétuité, excepté pour Pierre Devouassoud et Jean-Magloire Dorange condamnés à mort comme initiateurs et bailleurs de fonds du projet. Ils sont fusillés le 12 avril 1941 à l'Abbaye de Montebourg (Manche), la Cour étant décidée à faire un exemple. Maurice Queret âgé de 16 ans est condamné à 7 ans de travaux forcés. Les 12 autres sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité.

Ils sont déportés le lundi 28 avril de Saint-Lô vers la prison de Düsseldorf. puis vers Rockenberg et enfin Ichtershausen. Le 14 mai 1941, ils sont transférés vers la prison de Lüttringhausen. Seul Maurice Queret, âgé de 17 ans, est transféré le 13 mai de Düsseldorf vers Wïttlich, prison pour les jeunes détenus. Durant leur longue détention (1941-1945), deux de ces jeunes : Pierre Canvel et Auguste Zaleski moururent d'épuisement.

Les survivants sont libérés par les Alliés en avril 1945.

Lors de son transfert à Saint-Lô le 3 mars 1941, le pilote Robert Laruelle. alors âgé de 18 ans, était malade avec 40° de fièvre. Il fut placé dans une cellule équipée d'un poêle. Une jeune fille fut mandatée pour allumer celui-ci avec une pelletée de charbon provenant de la cellule des femmes. C'était Émilienne Soulard. Dans les jours qui suivirent, ils se virent sans pouvoir se parler ; mais après quatre années de captivité, ils se retrouvèrent... et ne se sont plus jamais séparés depuis.

Émilienne Soulard, ayant refusé de travailler, fut sanctionnée sous la forme d'un départ pour Ravensbrück ; un terrible bombardement désorganisa le convoi et elle se retrouva en prison à Darmstadt. Robert Laruelle passa les quatre années en forteresse à Düsseldorf. Épisode ubuesque de sa libération : il dut aller la réclamer lui-même aux Américains, grâce à une permission accordée par le Directeur de la Zuchthaus

Le 8 mai 1945, enfin libéré, il se retrouva à Paris avec ses camarades survivants : c'était la Fête de la Victoire. Une estrade était installée pour fêter le retour des rapatriés ; mais l'allure insolite de ces jeunes ne plaisant pas aux forces de la police parisienne, ils furent fermement invités à passer derrière l'estrade.
De son côté, Émilienne fut libérée en avril 1945 par les troupes américaines. De retour à Avranches, lors d'une réception en l'honneur des rapatriés, agressée par une personne qui la traita de " boche ", elle reçut deux gifles qui, inutile de le dire, furent rendues aussitôt. Mais la justice française condamna Émilienne à 50 francs d'amende pour coups !

Tous deux gardent un souvenir amer de leur retour, on le comprend. Que justice leur soit rendue, pour avoir été parmi les premiers artisans de l'esprit de la Résistance.
Mme Devouassoud qui fut, par un effet du hasard, la compagne de cellule d'Emilienne, lui prodigua, ainsi qu'à Robert Laruelle, beaucoup d'affection, transférant la tendresse qu'elle avait pour son fils unique, fusillé avec Jean-Magloire Dorange.

" Faisant preuve d'une volonté peu commune, M. Devouassoud cacha l'atroce vérité et, dans sa prison, la maman, quand elle le pouvait, tricotait pour son petit " gars ", son unique enfant qui n'était plus de ce monde ! "

Elle est décédée à Valognes le 5 mars 1986. Le service religieux a été célébré à l'abbaye ale Montebourg, sur le lieu où son fils avait crié, face au peloton d'exécution : " Vive la France ! Vive l'Angleterre ! " – Il avait vingt ans –

Le récit de la glorieuse aventure du Buhara, rédigé par Victor Quéret le 11 avril 1941, fut remis à la fille du gardien-chef français de la prison : Odette Pannier. Marcel Daguts reproduisit le texte qu'elle fit distribuer à Saint-Lô ; pour ce motif elle fut arrêtée et emprisonnée plusieurs mois.
Les passagers du " Buhara " étaient presque tous des pilotes d'aviation ou des élèves-pilotes. De même, Pierre Desprez et René d'Oliveira, de Tourlaville, après avoir traversé la ligne de démarcation, rejoignirent l'Angleterre par Marseille et les Antilles. En 1944, Desprez fut abattu par la Flak (la D.C.A. Allemande), en attaquant des rampes de lancement de V.1 dans le Nord.

"Quant au batelier, il est arrêté le 16 février 1941 pour "complicité d’aide à une nation en guerre contre l’Allemagne", jugé à Saint-Lô, condamné à 3 ans de travaux forcés. Il est déporté dans un transport parti de Clairvaux le 17 mai 1943 vers Bernau, puis Landsberg d’où il est libéré à la fin de sa peine le 24 mars 1944. Par ailleurs, Maurice Boissinot, membre du réseau" Vengeance" depuis décembre 1941, devait être de l’expédition du "Buhara" en février 1941, mais il arrive en retard au rendez-vous et ses camarades ne l’attendent pas. Après l’échec de la traversée de la Manche, il est recherché et arrêté à son domicile du Croisic (Loire-Atlantique). Il est jugé à Saint-Lô en août 1941, comme ses camarades l’avaient été en mars 1941. Condamné aux travaux forcés à perpétuité, il est déporté de la Gare de l’Est le 29 septembre 1941 dans un transport vers les prisons de Karlsruhe, de Rheinbach et de Diez-sur-Lahn, d’où il rentre en avril 1945."

Sources:
J. Poulain
Roger Levenette
Mémorial national des déportés Livre I- Pages 259-260 Laurent Thiery
Albert Desile : Des sombres années de l'occupation aux chemins de l'été 1944 - page 35.

Laurent Laloup le lundi 09 juillet 2007 - Demander un contact

Dernière mise à jour le mardi 22 septembre 2015

 

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