Georges Kérop Alexandre - Les Français Libres

Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943

 
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Georges Kérop Alexandre



Naissance : 4 avril 1908 - Arnodol, Turquie

Activité antérieure : militaire

Point de départ vers la France Libre : Moyen Orient

Engagement dans la France Libre : Liban en juillet 1941

Affectation principale : Terre DFL - Moyen Orient / 13 DBLE

BLE

A participé à la bataille de Bir Hakeim

Grade atteint pendant la guerre et spécialité : caporal

Décès à 36 ans - 27 janvier 1945 - Grussenheim (68)

Mort pour la France

Dossier administratif de résistant : GR 16 P 7011

Dans la liste de Bir Hakeim : ligne 1860

Dans la liste d'Henri Ecochard V40 : ligne 844


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Sacrée drôle de Guerre, de Pierre Bourgoin  (Sous le pseudonyme de Saint-Roc) :

"La veille, la D.F.L. avait atteint le vieux fleuve sur tout son secteur, d'Artzenheim à Mulhouse. Maintenant les batail­lons se regroupent. Leurs pertes sont lourdes. A la 13e Demi, le dernier tué, c'est un ancien, le plus spectaculaire, Alexandre.
Légionnaire depuis vingt ans, probablement turc, il se disait Géorgien, comme le colonel Amilakwarii, son Dieu sur la Terre, qu'il avait connu sous-lieutenant. D'une force invrai­semblable pour sa taille réduite, il avait poursuivi en Norvège la guerre commencée en Russie, continuée au Maroc. Chaque campagne lui valait souvent une blessure, toujours un nouveau tatouage. Sur les bras, les cuisses, s'épanouissaient des chefs d'oeuvre polychromes qui rendirent jaloux, au désert, les spé­cialistes de l'armée des Indes.
« Fatalitas », en lettres d'un pouce, ornait sa gorge velue. Les yeux clairs, un crâne rasé à la Tartare, des moustaches rousses, épaisses, tombantes comme celle d'un Gaulois, une démarche lourde, un peu hésitante, celle d'un matelot qui par habitude vérifie ses assises pour assurer ses pas : c'était Alexandre.
Courageux en diable, il devait se battre à Narvick avec fureur, souffrir en Erythrée comme les autres, s'illustrer à Bir-Hacheim et durant la sortie garder son képi blanc. Il entre­mêlait ses exploits de gestes inattendus. Après la prise de Massaoua, la 13e demi ne comptait plus que quatre cents volontaires. Un paquebot chargea l'unique bataillon pour l'emmener vers de nouveaux combats. Au départ un général allié vint sur le pont passer les troupes en revue. Figés, regards durs, force tranquille, les Légionnaires présentèrent les armes. Une musique britannique rendait les honneurs. Du bruit fit lever les têtes. Alexandre, cramponné au bout d'un câble, dix mètres au-dessus du « deck », inspectait les formations en jurant comme un janissaire. La musique eut très peur. Alexandre en garda grand prestige.
Souvent, il entrait dans des colères énormes, se battait contre n'importe qui. On devait l'assommer. Le lendemain, dispos, il suppléait aux faiblesses du ravitaillement en pétris­sant du pain pour quatre cents types.
Puis Alexandre baissa. Il devenait vieux, sa force diminuait. Il eut de nouvelles fureurs, mais reçut des trempes mémorables par quelques jeunes qui sous-estimaient les racon­tars du vétéran et s'étonnaient de son prestige.
Quand le premier bataillon attaqua Grussenheim en liaison avec un groupement blindé ce fut très dur. Un petit bloc bourré d'armes automatiques empêchait la progression d'une compa­gnie. Alexandre retrouva la lueur d'autrefois. Il frisa ses mous­taches, crachota un peu : « On va leur montrer aux bleus ce qu'on sait faire ! » Prenant deux grenades, mitraillette en ban­doulière, il courut au fortin. D'un rétablissement, l'ancien acro­bate se hissa sur le toit, puis sans hâte fit partir ses grenades dans les embrasures. L'intérieur a crié. Au milieu des hurlements. Alexandre brossa ses équipements, tandis que les copains bondissaient sur la bête mauvaise qu'il venait de muse­ler.
Deux jours plus tard, pendant qu'il traversait une route, un obus stupide l'a déchiqueté, effaçant sous le sang, le « Fatalitas » de sa gorge."

Laurent Laloup le lundi 23 février 2009 - Demander un contact

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MATRICULE 80546 de Jean ROSSI

"... 25.11.42
Suis affecté, à la suite, de ces événements à la section des Bren Car­riers sous le commandement du lieutenant Gambier, d'origine belge, folklorique, où je retrouve des as de la «voltige»: le capitaine-chef Anspach (Pierrot), les Gould (William), Verstraete (Michel) et d'autres tous typiques, Arsenovitch, Alexandre, etc., qui sont à la dimension du sujet et m'adoptent comme un frère.
Pour commencer, nous aurons à subir, au cours de nos pérégrina­tions entre Rasel Daba, Ras el-Kenàyis, Ras Alam et Rûm, diverses intempéries, dont certaines mirent à mal les imprudents qui s'étaient installés en contrebas, près de la plage."

Laurent Laloup le lundi 16 février 2009 - Demander un contact

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Bir Hakeim, du général Koenig

" Voici encore d'autres détails colportés par des arrivants. Au 2e BLE, le caporal-chef Santens a remarquablement tenu en main son groupe durant toute la nuit et arrive au complet. Un tout jeune légionnaire, van der Becken, blessé à la tête le jour précé­dent, vient néanmoins de rallier. Au 3e BLE, le caporal Alexandre, un vieux dur à cuire, a participé au ramassage de sept blessés abandonnés sur le terrain et qui lui doivent la vie. Le chauffeur d'un tracteur de 75 AC a changé sous le feu la roue brisée de son tracteur. On cite aussi Weber, agent de transmission d'une section qui a été admirable de cran et de calme et qui a assuré sous le feu la liaison entre les groupes de sa section.
Le soldat Barbaroux du BIM a ramené le drapeau de son bataillon, imprudemment conservé à Bir-Hakeim malgré mes ordres. Grièvement blessé, le soldat Devaux a chargé un sous-officier de son bataillon, gravement blessé lui aussi, et l'a ramené en rampant vers une ambulance. Ainsi du caporal Verdeghem, conducteur d'un canon antichar qui ayant eu le bras fracassé par une rafale, n'a quitté son volant qu'après avoir traversé les positions ennemies et ramené les corps de Savey et de deux camarades gravement blessés.
Voici encore le petit Le Quère, un sapeur qui a sauvé dans son camion le groupe de combat qu'il transportait et qui a fait preuve d'une grande énergie et de beaucoup d'intelligence sous le feu. Voici encore le maréchal des logis Soavina, un Malgache de l'artillerie qui est arrivé après avoir transporté sur son dos pen­dant plusieurs kilomètres un de ses hommes blessé et qui ne l'a lâché qu'après l'avoir couché dans une ambulance. Et aussi le canonnier Randriamantanan, qui, quoique blessé, a guidé la voi­ture de Laurent-Champrosay à travers les barrages de feux ennemis.
Le capitaine Morel du 2e BLE a été blessé légèrement à deux reprises. Il a passé avec sa compagnie. Il a la baraka.
Au BM2, le lieutenant Hussein Haycal, jeune officier d'ori­gine syrienne, est arrivé blessé à B 837. Durant tout le siège, il s'est fait remarquer par sa conduite et sa bravoure. Olmeta, un jeune sergent, s'est signalé par sa manière de commander sa section avec énergie, sans faillir, jusqu'au bout."

Laurent Laloup le dimanche 19 août 2007 - Demander un contact

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Dernière mise à jour le lundi 23 février 2009

 

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