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Fanch ? Extrait de "Le temps des certitudes " de Yves Guéna :
"Fanch Magueur, sur toi tout passait sans altérer ton éternel sourire ; après la guerre tu as estimé que tu avais le droit de te la couler douce ; j'ai appris récemment que tu étais mort, toujours avec le sourire j'espère...." Laurent laloup le mercredi 21 février 2007 Recherche sur cette contribution | |
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Extrait de "Le temps des certitudes " de Yves Guéna "...Quiniou, bon soldat sérieux et courageux, tu étais tellement embarrassé car ton père t'avais dit, dans l'argot maritime et brestois, "ne fait pas fayot", c'est-à-dire ne deviens pas militaire de carrière, et c'était tout ce que tu souhaitais; tu l'es devenu et c'est bien..." Laurent laloup le mercredi 21 février 2007 Recherche sur cette contribution | |
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Bernard Scheidhauer and his memorial I would welcome any further information on Bernard Scheidhauer, please feel free to email me. If you would like any further information on the Scheidhauer memorial please also feel free to contact me.
Kind regards
Ian Ian Le Suuer le mardi 20 février 2007 Recherche sur cette contribution | |
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arriere petit fils Bonjour ,
je m'appelle quentin rabazzani
je suis né le 5 juillet 1996 mon papa s'appelle stephane rabazzani,
et mon arriere grant pere s'appelle Marc RABAZZANI
et il habite à le mée sur saime.
et que j'embrasse bien fort.
RABAZZANI QUENTIN rabazzani quentin le lundi 19 février 2007 Recherche sur cette contribution | |
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Extrait de : vivelaresistance.unblog.fr 
Légende de la photo : Sabratha Tripolitaine, 14 août 1943
1er peloton de la 2ème D.C.
Michel Chauvet est debout à droite ; Serge Borochovitch est le 2ème debout à gauche (avec un képi). 
Cliquez pour agrandir
Laurent Laloup le lundi 19 février 2007 Recherche sur cette contribution | |
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Extrait de : claryencambresis.free.fr 
Etats de Services 36-46:
-Engagé Volontaire pour 4 ans devant Monsieur l’Intendant Militaire de Cambrai le 04/11/1936 au titre du 21° R.I.C. et pour le service Général des Troupes Coloniales.
-Nommé au grade de Caporal à compter du 15/04/1937.
-Nommé au grade de Caporal-Chef le 01/04/1938.
-Rengagé pour 4 ans le 21/04/1938 pour compter du 04/11/1940 au titre du 21° R.I.C. et pour le service général des Troupes Coloniales.
-Nommé au grade de Sergent le 01/06/1938
-Passé au R.T.S. du Tchad le 29/07/1938.
-En Service au BORKOU (confins) du 03/09/1939 au 30/11/1940.
-Passé au B.M.3 (FFL) le 01/12/1940.
-Franchit la frontière du Soudan Anglo Egyptien le 02/01/1941.
-En opération en Erythrée p/c du 14/02/1941.
-Nommé au grade de Sergent-Chef le 01/05/1941.
-Embarqué à Mashoua le 05/05/1941 et débarqué à SUEZ le 09/05/1941 et dirigé le même jour sur CHASTINA (Palestine).
-En opérations en Syrie du 09/06 au 19/07/1941.
-Nommé au grade d’Aspirant pour prendre rang du 25/10/1941.
-Dirigé sur voie de terre sur la LYBIE le 22/04/1942.
-En opération en LYBIE du 15/05 au 22/06/1942.
-En campagne en Egypte du 23/06/1942 au 16/07/1942.
-En Séjour au Levant à/c du 17/07/1942.
-Affecté aux services spéciaux du Levant - Chef du poste de ?AS-ELAIN le 17/07/1942.
-Passé au RTS du Tchad le 21/11/1942. et R ? C des Sces Spéciaux.
-En séjour au TCHAD (confins) p/c du 29/11/1942.
Services comme Officier :
-Nommé au grade de S/Lieutenant (Active) à Titre Temporaire pour prendre rang du 25/03/1943 par décret N°871 du 02/04/1943 du Général de Gaulle.
-Nommé au grade de Lieutenant (Active) à Titre Temporaire pour prendre rang du 25/03/1945 par décret du 07/05/1945 - TO n° 259/TL et 262/TL du 16/05/1945 du Général, Cdt supérieur des Troupes de l’A.E.F.
-Rapatrié pour fin de séjour, quitte FORT LAMY par avion le 10/01/46 Laurent laloup le samedi 17 février 2007 Recherche sur cette contribution | |
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Extrait de vrid-memorial.com/ 
Entretien avec M. Henri Dominique SEGRETAIN, Français Libre
samedi 24 avril 2004 mis en ligne par L’équipe VRID.
Cet entretien a été réalisé à partir d’un questionnaire (modèle reproduit dans la rubrique concours-mener un entretien ) établi en coordination avec l’Université de Montpellier. Il est organisé en 6 thèmes : la personnalité, la perception de Pétain et De Gaulle/Vichy et Londres, l’engagement dans les FFL, la vie militaire, le retour à la vie civile, la Mémoire de la Résistance.
I-PERSONNALITE
-Ses origines géographiques et familiales : Henri- Dominique SEGRETAIN est né à SAUMUR dans le Maine et Loire le 14 mai 1918 où il passe une partie de son enfance. Il vit ensuite à Blois, de 9 à 16 ans. Le dernier de 6 enfants, il est issu d’un milieu aisé : son père était directeur de la Banque de France d’une vieille famille poitevine (installée à Champdeniers en 1703-1704, puis à Niort) ; son grand-père maternel était professeur de philosophie au clèbre lycée parisien Louis-Le-Grand. Il qualifie son milieu de "patriote, sans engagement politique, proche des catholiques et plus particulièrement des Dominicains".
- Sa formation : En 1940, il est licencié en Droit, diplômé de Sciences Politiques, et titulaire de deux certificats de Lettres obtenus à Paris.
- Sa situation en 1940 : Il est jeune célibataire ( 22 ans), réside à Paris, et a une sensibilité politique de droite : il a fait partie des volontaires nationaux avec le colonel De la Rocque du P.S.F ( Parti Social Français). Mais, n’adhérant pas à la position de De La Rocque par rapport aux accords de Munich en septembre 1938, il donne sa démission et prend ses distances avec les partis politiques.
II- REGARD SUR PETAIN et DE GAULLE, VICHY et LONDRES
- Perception de la défaite de 1940 : J’ai entendu, à la popote des officiers, à Auray, le discours du Maréchal PETAIN le 17 juin. Le 17 au soir, j’ai appris par la BBC que l’Angleterre continuait la guerre. Il n’y avait donc plus qu’une solution pour moi : passer en Angleterre. J’étais chef de section aspirant depuis 1 mois dans un régiment de chars à Auray pour former les nouveaux. Le 18 juin, j’avais été chargé de m’occuper des voitures belges et de les cacher sous les arbres. En principe, on devait défendre Auray avec des chars de la guerre 14-18. Il n’y avait que cela. IL y avait deux chars modernes, mais démontés ! J’ai été informé par le capitaine-adjoint qu’on devait quitter et former une colonne avec les voitures belges pour passer la Loire à Nantes. Ce jour-là, j’ai pris conscience que j’étais un homme et j’ai décidé de partir. J’ai invité mes soldats à venir avec moi. J’ai essayé de trouver un bateau à la Trinité-sur-mer. Le capitaine m’a dit : " Si je comprends bien, vous désertez ? Oui, incontestablement, je n’obéis plus aux ordres. Et vous invitez vos soldats à déserter avec vous ? Oui, je ne veux pas être prisonnier des Allemands. " On nous a emmené au sud de la Loire, jusqu’à St-Jean de Luz. De là des Polonais embarquaient...
-A propos de la Révolution Nationale : Je n’en savais rien. J’ai appris beaucoup de choses par la suite, par exemple grâce au livre de M. Paxton. "Pétain a pêché à l’ombre de la Croix Gammée". Je ne m’en suis pas préoccupé à l’époque. Il n’y avait que la France Libre qui comptait.
-A Propos des lois antisémites : Nous avions été informés et nous avons tous réagi au mois d’octobre 1940 en les trouvant ignobles.
- Mers-El-Kébir : cela m’a été très pénible mais on ne pouvait faire autrement que de rester.
-L’échec du débarquement à Dakar : J’ai réussi à partir sur le MESSALIA avec le Général De Gaulle. On le voyait tous les jours. Le soir du 23 Septembre 1940, on n’était pas fiers. Pendant quelques jours, on s’est posé des questions. Le 28 septembre, tous les officiers ont été convoqués et nos chefs nous ont expliqué pourquoi ils avaient agi ainsi. Quand le général De Gaulle a su qu’on avait été obligés de tirer , il a ordonné le repli. Nous avons perdu 3 hommes et nous avons tué 1 sous-officier français et 9 Sénégalais.
III-LE FRANCAIS LIBRE
Avant mon engagement dans les Forces Françaises Libres, je n’ai pas eu connaissance de tracts, ni de journaux clandestins. Ma réaction a été immédiate, dès le 17 juin 1940. Ma famille n’était pas présente à ce moment là. J’ai pris cet engagement pour une raison patriotique.
Mon départ : de St Jean de Luz, j’embarque pour l’Angleterre avec des Polonais le 25 juin 1940. L’armistice était signé. Accueilli par les Britanniques avec une bonne tasse de thé, je prends un train pour Liverpool où je retrouve des Français qui reviennent de Norvège. Je ne suis pas passé par " Patriotic school" car j’avais mes papiers militaires donc on m’a cru.
Les dissidences au sein de la France Libre : Je n’étais pas au courant des combats politiques que livrait le Général De Gaulle. Quant à la tentative de l’Amiral Muselier, je n’ai jamais compris son cas. C’était une affaire de marin.
La vie politique à Alger en 1943-44 : Je n’y étais pas. Par la suite, j’ai su qu’il y avait des difficultés énormes. J’avais le sentiment de me battre : - pour le Général de Gaulle en priorité puis pour l’indépendance de la France pour laver la défaite de 1940 et enfin par goût de l’aventure par devoir contre l’Allemagne et contre le Fascisme et le Nazisme.
Le personnel politique et administratif de la France Libre : je les considérais comme des combattants au même titre que moi.
Sentiments à l’égard de :
- Général GIRAUD : au début, j’étais très content qu’un général français continue la guerre. Après, j’ai compris qu’il voulait le pouvoir. On n’était plus d’accord, mais sans trop s’opposer.
- Les Anglais : des rapports excellents. J’ai vécu 4 ans au Moyen-Orient et je les ai vus sous différents jours.
- Les Américains : on ne les aimait pas tellement, surtout après l’affaire de Dakar où ils se sont opposés au Général De Gaulle. Cependant, on avait un Américain avec nous dans la France Libre et il était remarquable.
- Les Soviétiques : on était plutôt d’accord, à partir du moment où ils nous aidaient.
Par rapport au régime Nazi : qu’il soit détruit.
Par rapport aux soldats allemands : j’en ai peu cotoyé ; j’ai davantage eu à faire avec des Italiens.
Par rapport aux prisonniers allemands : leur sort n’était pas mauvais.
La Résistance intérieure : On était 100 % d’accord mais on en a peu entendu parler. Nous ne doutions pas qu’il y avait des oppositions entre les gens.
Le C.F.L.N (Comité Français de Libération Nationale) : j’en ai eu connaissance et je considère que c’était une bonne chose , mais ce n’était ni une victoire politique de la France Libre, ni un compromis. Jean MOULIN : j’en ai entendu parler peu de temps avant son arrestation. Mais j’étais peu informé du C.N.R (Conseil National de la Résistance) car on n’avait pas le temps.
IV- LA VIE MILITAIRE
Mes unités : J’ai d’abord appartenu à la 342 ° compagnie de chars qui s’est battue en Norvège, la 1° compagnie de chars de la France Libre. Puis, je me suis engagé dans la compagnie de transport auto pour Dakar dans les derniers jours d’août 1940, à la fin de la campagne d’Erythrée. Puis, j’ai intégré le BM 3, un bataillon colonial comme Sous-Lieutenant en novembre 1943. Ensuite, j’ai été transféré à Suez. Mais blessé dans un accident de moto, je n’ai pas fait la campagne de Syrie.
Ma formation : Je n’avais pas de formation militaire. Je comptais faire le commissariat de la marine. J’ai été recruté en septembre 1940 à l’Ecole de chars de combat avec mes diplômes. J’ai été nommé au 507° régiment de chars comme assimilé sous-Officier.
L’armement : Je ne manipulais pas les canons. J’étais dans les chars. L’armement reçu des Anglais était bon, d’origine française. Les chars étaient en partie français, en partie américains ; les camions étaient des Bedford anglais.
Conditions de vie : La nourriture était convenable, mais, en Erythrée on avait les rations anglaises et ce n’était pas fameux -du singe anglais- des cigarettes anglaises...
Côté santé : les services étaient corrects. A la suite de mon accident de moto, j’ai été bien soigné à l’hôpital français puis dans un hôpital anglais très important. La solde était suffisante, car on ne dépensait pas beaucoup. J’ai pu m’acheter une moto avec 2 mois de solde.
Relations avec les compagnons d’armes : Bonnes, en dépit de quelques passages difficiles.
A la Justice Militaire, j’ai côtoyé des Officiers de Vichy qui n’étaient pas tous faciles.
Au sein des FFL, il existait un "esprit" FFL, une fratrie. On avait à peine 20 ans et on était coupé de tout. On avait donc de l’affection les uns pour les autres. Nous étions de grands copains. Comme l’a dit le général SIMON, on a appris très vite qu’on était peu nombreux et nous en avons été très fiers, même avec des idées politiques différentes.
Relations avec les soldats indigènes : Bonnes mais je les ai cotoyés peu de temps.
Relations avec les FFI : en 1944 je n’étais pas sur le sol métropolitain mais j’ai été très content d’apprendre qu’ils existaient.
Liens avec la famille : Nous avions seulement les messages de la Croix - Rouge deux fois par an. J’ai bien supporté l’éloignement en raison de la fratrie que nous avions constituée. Nous n’étions pas au courant de l’évolution de la situation en France.
Les distractions : J’ai vécu plus de 3 ans au Moyen-Orient. On allait de temps en temps au cinéma, aux courses, le dimanche. Nos distractions étaient surtout nos soirées ensemble.
V-LE RETOUR A LA VIE CIVILE
La démobilisation : j’ai été démobilisé seulement en juin 1946 car j’avais une pleurésie depuis octobre 1945.
La carrière militaire : je ne suis pas resté dans l’armée après ma démobilisation.
Le retour en France : J’ai été bien accueilli à mon retour. Mon père a compris ma démarche en apprenant l’entrevue de Montoire. Mon frère aîné a fait de la Résistance en Normandie, à Evreux.
J’ai été surpris par la France retrouvée en 1944-45 : Ma famille se plaignait d’avoir très peu mangé.
L’épuration : à l’époque, je n’avais pas d’opinion précise. Mais, avec les lectures, je me rends compte qu’on est allé trop loin.
L’extermination des Juifs : Des camps existaient avant la guerre, en Allemagne, mais on n’imaginait pas que les Juifs seraient tués en série. J’ai heureusement appris en 1941 que certains avaient pu être hébergés et sauvés.
Opinion à propos du parcours politique du général De Gaulle : au départ, je n’étais pas partisan de son entrée en politique et en 1946, j’ai hésité à voter en faveur du projet de constitution. Pourtant, je me définis comme "Gaulliste" mais un Gaulliste historique. Je ne pouvais pas ne pas être "gaulliste".
Ma profession après la guerre : J’en ai exercé plusieurs :
- professeur au Brésil -à Rio-, à l’Alliance Française pendant 3 ans (250 élèves)
- en France, chargé de relations publiques à la filiale française d’une marque pétrolière.
Effets de l’engagement dans la France Libre : J’ai le sentiment que mon engagement dans la France Libre a changé le cours de ma vie. Je peux dire aujourd’hui que le 18 juin, je suis devenu un homme. Je suis devenu conscient de mes responsabilités à 22 ans.
VI-LA MEMOIRE DE LA RESISTANCE
Distinctions : la Croix de Guerre, la Médaille des Anciens de De Gaulle, la médaille des Combattants Volontaires .
Les responsabilités associatives : j’ai été président des Anciens combattants à Ligugé.
La place des Français Libres : nous sommes peu nombreux, on parle donc peu de notre action.
La date commémorative la plus marquante : le 18 juin 1940, parce que le Général De Gaulle a dit ce jour-là : "Quoiqu’il arrive, la Résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas".
Trois mots pour résumer mon engagement :
- Honneur
- Patriotisme
- Camaraderie
Les livres les plus fidèles à l’esprit de la Résistance :
- Les Mémoires du Général De Gaulle
- Les ouvrages du Père Froissard
- la biographie du Général par Alain Peyrefitte.
Opinion sur l’Allemagne et la construction européenne : J’ai mis lontemps à comprendre la position du Général. Je reste très ami des Anglais. J’adhère à l’évolution des relations européennes .
CONCLUSION
Cette aventure m’a fait revivre. Il ne faudrait pas qu’on oublie que quelques hommes ont été capables de représenter un pays car nous étions en terre étrangère et le général De Gaulle n’y était pas connu.
M. Henri-Dominique SEGRETAIN a écrit ses mémoires et évoqué le témoignage de 167 Français Libres dans son ouvrage " DE GAULLE EN ECHEC ? DAKAR 1940 , Editeur Michel FONTAINE, Collection du Cinquantenaire, 1992 . 
Laurent laloup le samedi 17 février 2007 Recherche sur cette contribution | |
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Extrait de : www.gers.pref.gouv.fr/ 
EXTRAITS DU TEMOIGNAGE DE MONSIEUR PHILIPPE RAMBACH
DOMICILIE A CAMPAGNE-D'ARMAGNAC (GERS)
Fils d'un ancien combattant de 1914-1918, Monsieur RAMBACH est encore lycéen dans les premiers mois de la guerre. Il rejoint, cependant, la France Libre et après avoir participé à l'opération de Dakar en septembre 1940, combat en Erythrée, en Syrie, en Libye puis en Tunisie. Après la campagne de Tunisie qui prend fin en mai 1943, les Forces Françaises Libres fusionnent avec les troupes d'Afrique du Nord pour constituer ce qui deviendra plus tard la 1ère Armée Française. Monsieur RAMBACH poursuivra le combat au sein de cette grande formation.
" La campagne d'Erythrée fut pour nous très éprouvante. Elle se déroula en trois parties: la prise de Cub Cub, par le B.M. 3 venu du Tchad, qui eut lieu avant notre arrivée; celle de Keren et enfin l'assaut sur Massaouah avec la capitulation de l'amiral italien commandant la garnison. J'ai participé à la prise de Keren avec la Légion Etrangère. Nous progressions dans une montagne à près de 2000 mètres d'altitude au paysage très désolé. Le climat est rigoureux en cette saison; la nuit, il gelait et nous n'avions pas de couvertures, le jour, il faisait chaud et nous avions soif car le ravitaillement suivait difficilement à dos de chameau, animal peu à l'aise en terrain accidenté. Ma section fut désignée un jour pour la corvée d'eau. Il s'agissait d'aller remplir des "tarakés" à une source dans le "no man's land", passablement canardé par les Askaris, des soldats de l'armée indigène sous drapeau italien. Ils appartenaient à une tribu guerrière et étaient retranchés au dessus de nous. Les cartes étant fausses, la section se perdit au retour au point que nous errâmes plusieurs jours dans les montagnes, en consommant l'eau que nous devions rapporter. Quand nous rejoignîmes la brigade, ce fut après le combat. En effet, ce fut sans nous qu'eut lieu, le 15 mars, l'assaut meurtrier de l'Enghiat. Le Colonel mit notre section "à la punition". Nous étions déjà fourbus par notre malheureuse expédition mais nous dûmes repartir aussitôt brancarder les blessés vers les postes de secours, puis convoyer des patriotes abyssins vers l'arrière. Enfin, MONCLAR remarqua l'état lamentable des plus jeunes d'entre-nous, dont moi, et nous affecta à des postes moins fatiguants.
C'est ainsi que vers le 25 mars, on me présenta au Capitaine LAURENT-CHAMPROSAY de l'artillerie coloniale. L'artillerie de la France Libre se composait à cette époque, de deux canons de 75 rapatriés de Norvège et servis par la section venue d'Angleterre avec nous. La Légion venait de capturer quatre 65 de montagne de fabrication italienne, avec un bon nombre de caisses d'obus. Je devins le pointeur d'une de ces pièces."
Après avoir stationné un mois en Palestine, l'unité de Monsieur RAMBACH reprend le combat.
"Le 7 juin, l'ordre de départ est donné et le régiment contourne le lac de Tibériade par le sud, traverse un coin de Transjordanie. Le 8, nous entrons en Syrie et immédiatement, nous sommes mitraillés par une escadrille française, constituée de Glenn-Martins. Nous descendons des véhicules, nous nous tapissons au bord de la route et tirons au fusil sur nos assaillants, sans succès. Comme à Dakar, nous avons en face de nous "l'Armée d'Armistice", commandée par Vichy et cette fois, le combat est inévitable. Le 15, c'est l'attaque, mais la 3ème batterie n'a pas de véhicules et doit attendre. Après la prise de Damas, nous recevons des mulets. Nos canons se démontent en quatre charges: le tube, l'affût, le frein, les roues. Quel travail pour remonter la pièce! En outre, nos soldats libanais semblent peu motivés et s'éparpillent quand nous sommes bombardés. Enfin, on nous change nos diaboliques mulets contre un camion Citroën. Ma pièce est envoyée se mettre en position au village de Nebeck, avec comme mission de protéger une section de la Légion. J'eus la chance d'enrayer une attaque de trois petits chars Renault, en atteignant l'un de plein fouet et en provoquant la fuite des autres. Nous arrivons ainsi au 10 juillet 1942, quand le Général vichyste DENTZ demande l'armistice.
Le 29 décembre, la 1ère Brigade, commandé par le Général KOENIG et dont nous faisons partie, quitte la Syrie. Nous traversons la Palestine dans l'autre sens et pénétrons en Egypte. Nous contournons Alexandrie et parvenons en Libye. Après un arrêt à El Daba, nous nous mettons en position à Halfaya, où une garnison allemande est encerclée depuis trois mois. Le lendemain de notre arrivée, les 5000 Allemands capitulent (ce qui semble n'être qu'une coïncidence). Le 7 février 1942, la Brigade s'installe à Bir Hakeim. Nous commençons aussitôt à creuser les emplacements des pièces. Puis la 3ème batterie participe à une "Jocke Column". C'est une sorte de raid qui dure une dizaine de jours. On sort de la place, on file vers l'ouest; on cherche le contact avec des éléments ennemis qui patrouillent dans le désert. On tâche de leur démolir quelques véhicules et on retourne en vitesse se mettre à l'abri dans notre position derrière les champs de mines. J'aime beaucoup ce genre d'action: comme j'étais passionné par la mer, j'avais l'impression de naviguer dans cet océan de sable. En plein désert, la vie est plutôt monotone; le ravitaillement est suffisant quoique peu varié: corned-beef, biscuits, oignons, confiture d'oranges, thé. C'est surtout l'eau qui manque. Elle nous arrive de Tobrouk par citernes et chaque soldat ne dispose que deux à trois litres par jour pour la boisson, la cuisine et la toilette. En revanche, l'essence abonde et c'est avec ce liquide que le linge est lavé.
Arrive le 13 mai 1942. Une 5ème batterie, en provenance de Syrie et commandée par le Capitaine MARSAULT, fait escale à Bir Hakeim. Elles est incomplète en personnel qualifié et chacune des quatre batteries doit lui prêter un chef de pièce et un pointeur. Je fus désigné; je quitte donc mes camarades. La B5 fait aussitôt mouvement. Deux jours plus tard, nous arrivons à l'oasis de Djaraboub (230 kilomètres au sud-est de Bir Hakeim), tenue par le BM11. Nous sommes à l'extrême sud du dispositif, à la lisière d'une mer de sable infranchissable. Nous avons pour mission de créer une "brigade fantôme", en traînant de faux camions et canons en bois avec force traces de roues et trafic radio intense: tout pour attirer l'aviation ennemie et soulager d'autant les autres points forts de la ligne de front. Mais les nouvelles sont mauvaises et l'ordre de repli est donné. La position de Bir Hakeim est évacuée le 11 juin. La 5ème batterie regagne Le Caire en traversant la dépression de Qattarah, ce qui était un exploit (30 juin-7 juillet). Au Caire, j'apprends les pertes considérables de la 3ème batterie.
Courant octobre, la brigade remonte en ligne et occupe des positions au sud d'un front continu de la dépression de Qattarah jusqu'à la mer. Le 24 octobre, c'est l'attaque. Nous sommes en batterie au pied du plateau de l'Himmeimat que la Légion tente vainement d'escalader (c'était une mission impossible), pendant qu'au Nord, les Australiens vaincront à El Alamein. Les troupes britanniques vont progresser rapidement, tandis que l'Afrika Korps de ROMMEL se replie. Les Anglais semblent ne plus avoir besoin de nous. Pendant six mois, de novembre 1942 à avril 1943, nous serons cantonnés à Gambut, à 60 kilomètres à l'est de Tobrouk, où nous nous morfondons en plein désert.
Le régiment se mettra enfin en route fin avril, pour participer à l'ultime phase de la bataille de Tunisie". Laurent laloup le samedi 17 février 2007 Recherche sur cette contribution | |
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extrait de : www.gers.pref.gouv.fr 
EXTRAITS DU TEMOIGNAGE DE MONSIEUR ROGER DEMAN
DOMICILIE A MIELAN (GERS)
" Je n'avais pas 19 ans, lorsque le 20 avril 1939, j'ai "piqué une tête" dans la Légion Etrangère.
Au bout de trois mois d'une instruction intensive, les légionnaires étaient dirigés vers un stage de spécialité. De Saïda, je fus dirigé sur Bel-Abbès pour un stage de transmissions. Mais à peine arrivé, des rumeurs de guerre firent que je fus immédiatement désigné comme volontaire pour un corps expéditionnaire destiné à la Finlande. Nous avons alors été dirigés sur Tlemcen où nous avons monté les "guitounes" dans le stade. Quelque temps après, nous avons logé en plein centre de la ville, au "Méchouar", une vraie caserne.
Affectation de casernement, constitution des compagnies, perception d'effets neufs et enfin, grande revue par le commandant désigné. Il s'agissait du Lieutenant-Colonel MAGRIN-VERNERET, plus connu aujourd'hui sous le nom de MONCLAR.
Le 2 mars 1940, le bataillon tout entier a embarqué à bord de deux croiseurs , le "Jean de Vienne" et la "Marseillaise". La traversée n'a duré qu'une nuit, mais elle ne fut pas de tout repos. Les hommes étaient dans des hamacs, d'autres en dessous sur de petits matelas disposés sur le sol. La mer était mauvaise, le bateau était rapide et des paquets de mer passaient sur le bastingage. Heureusement, nous sommes arrivés à Marseille au petit matin.
"Heureusement" n'est pas le mot qui convient, puisque c'était pour faire connaissance avec les wagons "Hommes 40 - Chevaux en long 8". Nous y avons grimpé, munis de boîtes de singe et de quelques biscuits qui avaient un curieux goût de savon.
Il ne nous a pas fallu moins de 36 heures pour atteindre notre destination qui était Millau, dans l'Aveyron.
Plus tard, nous avons encore une fois déménagé et retrouvé nos wagons à bestiaux pour un voyage long et pénible qui devait nous amener à Belley, près de la frontière Suisse. Quarante-huit heures suffirent à peine à ce tortillard pour nous mener à destination.
Après ce séjour à Bellay, nous avons repris nos wagons à bestiaux à destination de Brest cette fois. Les voyages forment la jeunesse. La Finlande ayant signé l'armistice, notre destination était devenue la Norvège. Nous allions couper cette fameuse "route du fer", si chère à Paul REYNAUD. Il nous a fallu encore plus de quarante-huit heures pour atteindre Brest, dans les conditions d'inconfort habituel.
Nous avons été logés dans une caserne de Lambezellec. C'est là que nous avons perçu notre équipement polaire. Brodequins de ski, chaussette de laine blanche que nous roulions sur la tige de la chaussure pour la tenue de sortie, guêtres en toile, pantalon de ski, vareuse de drap, grande cape kaki, béret de même couleur, cagoule caoutchoutée grise d'un côté et blanche de l'autre, canadienne en peau de mouton, sac Bergame, raquettes à neige, musette de combat et enfin, cinq paires de gants ou moufles en laine, en peau de mouton imperméable. Du beau matériel tout neuf.
Enfin, le 23 avril 1940, nous embarquons sur le "Providence", un ignoble rafiot qui valait nos wagons à bestiaux. Nous sommes débarqués, à Glasgow et avons été transférés sur le "Monarch of Bermuda", un très beau paquebot qui, à l'origine, faisait les Bermudes. Bien qu'entrés en guerre en même temps que nous, les Anglais l'avaient savamment aménagé en transport de troupes. Tout le monde y était en cabine, contrairement aux bateaux français où la troupe était toujours parquée dans les cales, sans aucun confort et manquant même du minimum d'hygiène.
Nous avons levé l'ancre et appareillé vers le nord. Il y avait à bord, deux bataillons de légion et leurs services, deux bataillons de chasseurs alpins, ainsi que deux bataillons de Polonais. Ces derniers étaient équipés comme nous, ils n'étaient différenciés que par un aigle peint en gris clair sur le casque. Ils parlaient français avec un fort accent chtimi. En effet, ils avaient tous été recutés dans les mines du Nord où la plupart d'entre-eux étaient nés.
Notre traversée fut sans histoire. Une chose nous a paru curieuse. C'était la durée du jour qui augmentait de deux heures par jour à mesure que nous nous approchions du pôle. Le 7 mai, nous débarquons à Harstad où des Anglais nous présentèrent un thé chaud sur le quai.
Notre première opération sérieuse fut le débarquement à Narvik qui eut lieu, je crois, le 13 mai. Nous avons embarqué à bord de bateaux de guerre britanniques. Pour mon compte, j'étais à bord du "Warspitt". Arrivée en rade Narwik, la flotte commença un bombardement en règle, pendant qu'à l'intérieur, nous déjeunions tranquillement avec thé, pain, beurre et confiture. Chaque bordée nous donnait l'impression que les tôles allaient se dessouder, tant le bruit était infernal.
Nous sommes decendus dans les péniches de débarquement. Notre équipement avait été réduit au minimum. Armement, munitions, une musette contenant gants, cagoule et deux jours de vivres. Le restant devait suivre. Nous n'avons jamais plus entendu parler de tout cela!
Nous étions aussi munis de lunettes solaires et incassables. Certains qui avaient négligé de les porter, sont revenus avec les yeux brûlés par la réverbération du soleil dans la neige.
C'était pour moi le baptême du feu. Sans nos raquettes à neige, nos déplacements étaient laborieux, nous devions marcher avec de la neige jusqu'aux genoux. Sur les descentes, nous avons trouvé plus astucieux et plus rapide de nous asseoir et de nous laisser glisser en levant la jambe de temps en temps pour éjecter la neige qui s'était amassée.
Le soir, quand nous devions prendre position pour la nuit afin de prendre un peu de repos, nous n'avions ni toile de tente, ni couverture pour nous abriter du froid. Heureusement que les Allemands en battant en retraite, nous avaient laissé leur matériel. Nous trouvions des trous creusés et garnis et nous les utilisions. Quand nous parlons de la nuit, il faut entendre l'heure, car en réalité, il faisait toujours jour. Nous nous nourrissions de singe et de biscuits.
Des bombardiers en piqué venaient parfois nous lâcher des bombes à air comprimé. Nous avons trouvé que le métal de ces bombes, dont la matière ressemblait à du duraluminium, mis dans le feu et chauffé à blanc, dégageait une chaleur intense et continuait à brûler longtemps. Nous avons utilisé cette trouvaille pour faire chauffer nos boîtes de singe.
Il y avait bien quelques avions anglais, mais il semblaient jouer à cache-cache avec les Allemands car nous ne les avons jamais vu ensemble. Ils avaient la maîtrise de la mer mais pas celle de l'air. Nous avons par la suite procédé à deux autres attaques par débarquement. L'une à Bjervik, l'autre à Meby.
Le plus curieux, au début, c'était ce jour ou plutôt ce crépuscule perpétuel. Car il ne faisait ni jamais tout à fait jour, ni tout à fait nuit. Nous avons appris que lors d'un raid aérien une bombe était tombée sur le P.C. de notre bataillon et que le commandant GUENINCHAUT n'avait pas résisté au choc, car il se trouvait juste en dessous. Un jour, sans savoir pourquoi, nous avons reçu l'ordre de plier bagages et de nous diriger sur la côte. Nous devions réembarquer précipitamment. Nous avons trouvé des stocks de l'intendance que nous devions incendier. Il y avait des caisses de bougies qui prouvaient que notre séjour avait été prévu pour plus longtemps, des vivres et aussi des tonneaux de rhum.
L'embarquement n'était pas une petite affaire. Cela se faisait d'abord sur des barques de pêche en raison de leur faible tirant d'eau. Ensuite, nous montions à bord de torpilleurs ou de contre-torpilleurs qui nous emmenaient plus au large où nous attendait un grand tranport de troupes, le "Georgic". Nous étions le 4 juin 1940.
Nous avon débarqué à Brest le 16 juin. Là, nous avons trouvé une ambiance de défaite. Avec la France, nous avons retrouvé nos bons vieux wagons à bestiaux qui nous ont conduit dans les environs de Rennes. Nous avons pris position dans les villages, barrant les routes avec des charrettes renversées ou des tas de bois et nous installant derrière ces barricades, avec nos fusils-mitrailleurs et nos baïonnettes, pour arrêter les chars. C'était ridicule. Les mêmes armes devaient aussi être utilisées contre l'aviation. Le 17 juin, nous avons repris le train pour nous diriger vers l'intérieur, mais au bout de quelques kilomètres, nous avons fait demi-tour et nous nous sommes retrouvés à Brest. Le long de la voie ferrée, nous croisions des marins, des soldats, à pied avec leur sac sur l'épaule.
Sous les bombardements allemands, nous cherchons un bateau pour embarquer. Nous avons fini par caser notre bataillon sur un pétrolier qui était loin d'avoir été conçu à cet effet. Heureusement que nous n'allions pas loin.
Nous étions le 18 juin 1940. Nous avons vogué sur une mer aussi fréquentée que les Champs-Elysées, un jour de 14 juillet, pour enfin nous retrouver à Plymouth. Les Anglais nous ont reçu d'une façon on ne peut plus correcte. Des wagons (de voyageurs) nous ont véhiculé jusqu'à Trenton Park. Nous nous sommes installés dans le grand parc d'une propriété appartenant, je crois, au Duc de Kent. Il n'y avait absolument rien. Nous avons commencé par installer des tuyauteries d'eau avec des robinets le long des allées. Puis nous avons monté de grandes tentes pour y installer des bureaux.
En me promenant dans la rue, des gens que je ne connaissais pas couraient vers moi pour me remettre un paquet de cigarettes et s'éclipsaient sans même attendre mon merci. D'autres me tendaient leur carte de visite et m'invitaient à déjeuner quand je voudrai. J'ai collectionné ces cartes, elles me furent très utiles pour me nourrir par la suite. Un dimanche, j'ai voulu aller au concert. J'ai fait la queue au guichet où l'on m'a remis gratuitement un billet d'entrée que quelqu'un avait payé pour moi. Il me fut impossible de savoir qui. Si j'entrais dans une taverne pour y boire une pinte de bière, j'étais assaillis de toutes parts. C'était à qui m'offrirait un verre.
J'avais entendu dire qu"un Général français allait former une "légion française" en Angleterre. Je me présentais donc dans les postes de police où l'on me répondait invariablement que rien n'était encore fait. Enfin, on me signala que je pouvais me diriger vers un cinéma désaffecté "l'Empire Hall" situé dans le quartier de "Charing Cross".
Je m'y présentais donc et constatais que l'on y formait la première section de la première compagnie. Je fus incorporé sous le numéro matricule 43. Connaisant les moeurs françaises, j'ai été étonné que l'on ne commence pas à immatriculer à 10 001 ou mieux 100 001. Nous étions vraiment peu nombreux, venant de toutes les armes, avec des tenues disparates. Nous sommes restés quelques temps dans ce cinéma où la Reine est venue nous rendre visite et nous distribuer quelques paquets de cigarettes.
J'ai rencontré un jour, dans une taverne, un soldat français qui me dit être originaire de la commune où résidaient mes parents. Il m'affirma qu'il les connaissait bien, qu'il ne resterait pas en Angleterre et qu'il avait demandé à être rapatrié. Je lui demandais alors de leur donner de mes nouvelles et de leur dire que je continuais la lutte.
Notre séjour à "l'Empire Hall" prenait fin; nous avons été transférés à Delville-Camp, près d'Aldershott. Nous formions la 11ème compagnie franche dans laquelle nous nous trouvions une dizaine de Légionnaires en situation irrégulière. Notre compagnie était plus communément appelée compagnie DURIFF, du nom de son Capitaine, un brave réserviste qui avait eu un bras "amoché" lors du précédent conflit.
Le Général DE GAULLE (nous connaisions enfin son nom) vint nous passer en revue. Le Colonel MAGRIN-VERNERET, qui avait maintenant pris le nom de MONCLAR, était chargé de la présentation et accompagnait le Général lors de la revue.
Le 29 août 1940, nous avons été amenés à signer notre acte d'engagement définitif: " A servir avec honneur et fidélité dans les Forces françaises Libres pour la durée de la guerre actuellement en cours".
Le 1er septembre, nous prenons le train pour Liverpool où nous embarquons sur deux bateaux de commerce hollandais, le "Westerland" et le "Penneland", pour une destination inconnue. J'étais sur le Westerland avec le Genéral DE GAULLE et la Légion.
On ne peut pas dire que cette traversée fut sans histoires. Peu après le départ, nous avons su que nous nous dirigions vers l'Afrique noire. Pour éviter les sous-marins, nous avons fait un grand détour en nous dirigeant vers les côtes du Canada, pour obliquer ensuite vers le sud-est. Nous étions escortés et nous voyions parfois les torpilleurs s'éloigner à toute allure, lancer des grenades sous-marines et nous rejoindre ensuite.
Nous avons fait une escale à Freetown en Sierra Leone. Nous avons levé l'ancre et sommes remontés vers le nord, vers Dakar, afin de persuader le Sénégal de se joindre à nous. Nous avions avec nous des bâtiments de guerre anglais et deux avisos français, le "Commandant Dubosc" et le "Commandant Domine". Nous pensions pouvoir débarquer à Rufisque. Nous ne savons pas bien exactement ce qui s'est passé, mais le "Richelieu" bien qu'immobilisé dans le port pouvait encore tirer. C'est ce qu'il fit sur la vedette des parlementaires gaullistes, bien qu'elle fut munie de drapeau blanc. C'est à ce moment que fut blessé Thierry D'ARGENLIEU. Cela déclencha un duel d'artillerie. Des bateaux anglais furent touchés et des marins français tués. DE GAULLE ne voulant pas que des Français se battent entre-eux, il fut décidé de "laisser tomber".
Nous avons regagné la haute mer où nous avons fait le cercle pour immerger les morts au sifflet.
Nous avons quand même appris une bonne nouvelle; l'Afrique Equatoriale s'était ralliée, le Congo, l'Oubangui-Chari, le Tchad et le Cameroun. Nous avions enfin un territoire français pour y poser nos pieds. Il n'était plus question de la France, puisque nous y étions condamnés à mort, pour être passés à l'étranger avec armes et bagages en temps de guerre.
Les deux bateaux hollandais, affrétés par les Anglais pour transporter des troupes françaises n'étaient pas aussi confortables que ceux qui nous avaient menés et ramenés de Norvège. Il n'y avait en cabines que les officiers et les sous-officiers et la compagnie DURIFF. A cette époque, toute "l'armée gaulliste" tenait sur ces bateaux, il n'y avait pas de quoi conquérir le monde.
La vie y était organisée "à la française" sous supervision anglaise. Les repas seuls, laissaient à désirer, non pas la qualité ou la quantité, mais par leur style et leur monotonie. Nous sommes restés quarante-trois jours à bord, pendant lesquels on nous a servi régulièrement du fromage de Hollande et de la confiture d'oranges amères importée de Palestine.
Le "Penneland" nous lâcha pour accoster à Libreville au Gabon, mais nous rejoignit aussitôt, le territoire ne désirant pas se rallier.
Nous arrivons enfin à Pointe-Noire, le 14 octobre 1940 après quarante-trois jours de traversée. Nous débarquons et nous sommes accueillis assez silencieusement.
Il faut dire que les civils européens, à l'époque n'étaient pas nombreux. De plus, ils ne se sentaient pas tellement concernés par cette guerre qui se déroulait si loin d'eux. C'étaient les militaires qui avaient organisé le ralliement. Plus tard, quand nous en avons mobilisé quelques-uns, cela ne leur a pas fait plaisir de quitter leur situation.
A Pointe-Noire, seule ma compagnie restait sur le territoire. Le soir-même, nous prenions le train pour Brazzaville, située à 500 kilomètres à l'intérieur. La Ligne Congo-Océan, comme on l'appelait, était un chef-d'oeuvre de la technique. Dans la brousse, la forêt, la montagne, des tunnels ont été creusés dans le Mayombe, des viaducs et des ponts ont été érigés. Le tout sous un climat des plus insalubre. Nous n'avons pas pu voir grand-chose des paysages magnifiques, car nous avons voyagé de nuit, très confortablement pour arriver à Brazzaville, le lendemain matin. L'administration n'avait pas dû être informée à temps de notre arrivée à Pointe-Noire, car elle n'avait pas eu le temps de se procurer des wagons à bestiaux.
Nous avons été cantonnés dans l'école Edouard-Renard. Là, nous avons appris la petite histoire du ralliement. Ce sont quelques officiers subalternes et des sous-officiers qui ont fait ce petit coup d'état. Le Général HUSSON n'était pas d'accord. Il fut carrément, roulé dans une couverture, ficelé et envoyé dans une vedette à Léopoldville.
Pour ceux qui ne sont pas au courant, je précise que le fleuve Congo, à cet endroit, forme un renflement de cinq kilomètres de large qu'on appelle le Pool et qui constitue la frontière entre les Congos français et belge. D'un côté se trouve Brazzaville, de l'autre Léopoldville, plus communément appelées Brazza et Léo. On peut se rendre d'une ville à l'autre à l'aide d'une vedette à moteur en quinze ou vingt minutes. Nous ne sommes guère restés qu'une quinzaine de jours dans cette école. Notre compagnie fut dissoute et nous avons formé les cadres de l'embryon d'armée coloniale qui allait plus tard libérer la France.
Pour mon compte, je fus directement promu Caporal-Chef et affecté sur place au bataillon du Pool (B.T.P.) avec quelques-uns de mes camarades. D'autres furent affectés au bataillon de point d'appui de Pointe-Noire (B.P.A.P.N.).
J'ai été nommé Sergent, le 16 juin 1941 avec deux de mes camarades COTTERET de Saint-Malo et LEVÊQUE de l'Ile de Batz. Ce dernier nous a fait bien rire quand il nous a raconté comment, de son île, il avait réussi à gagner l'Angleterre dans une petite barque de pêche. Ils étaient munis d'une boussole dont le verre s'était brisé. Plusieurs fois, ils ont fait tomber l'aiguille et ils devaient écoper l'eau à l'aide d'une casserole pour la retrouver dans cette coquille de noix chahutée par les vagues.
Les nouveaux Sergents n'ont pas fait de vieux os à Brazza, car nous avons été désignés tous les trois pour être chefs de groupes d'une section franche qui serait commandée par l'Adjudant-Chef SUSINI ayant comme adjoint le Sergent-Chef LATOUR. Le premier, comme son nom l'indique, était corse. Il avait 18 ans de service et allait prendre sa retraite proportionnelle quand la guerre est arrivée.
Avec cette section, nous avons quitté Brazza, le 22 juin 1941, par le train à destination de Pointe-Noire où nous nous sommes joints à une autre section constituée dans cette ville et avons embarqué pour une destination encore inconnue. Nous avons fait une escale à Libreville pour embarquer une troisième section avant de débarquer à Douala où nous avons trouvé une quatrième section.
Que venions-nous faire au Cameroun? Nous n'avons pas tardé à l'apprendre. Au large de l'embouchure du Wouri, se trouve l'île de Fernando-Po, dépendant de la Guinée espagnole. Elle était soupçonnée de servir de base de ravitaillement aux sous-marins allemands. De plus, on parlait du libre passage éventuel des troupes allemandes en Espagne, pour leur permettre d'atteindre Gibraltar. Dans cette éventualité, nous aurions attaqué l'île et peut-être même la Guinée espagnole.
Nous allions souvent en manoeuvre la nuit en figurant une marche d'approche vers un ennemi supposé tenir telle position. Pour couper la route, il y avait toujours un marigot (ruisseau) avec un pont de bois. Au moment de passer ce pont, le Commandant décrétait qu'il était bombardé, ce qui voulait dire que nous devions nous en écarter et passer dans l'eau. Nous étions "bouffés" par les moustiques et nous rentrions au petit matin harassés".
Après diverses péripéties, Monsieur DEMAN est affecté à la 2ème Brigade Française Libre.
" Notre bataillon faisait partie de la 2ème Brigade de la 1ère Division Fançaise Libre qui était elle-même rattachée à la 8ème Armée Britannique. A ce titre, nous avons été dotés de matériels anglais, en particulier des camions Bedford et Ford, peints aux couleurs du désert, dont certains étaient à double pont. Egalement, quelques G.M.C. qui comportaient un treuil. Il s'agissait de véhicules organiques destinés à transporter uniquement notre matériel. Pour la troupe, nous disposions d'une compagnie auto par brigade.
Un jour, nous avons fait mouvement vers El Alamein où nous avons pris position aux abords des champs de mines. Puis, le soir du 1er novembre 1942, cela se déclencha. Une canonnade inimaginable dont les coups semblaient un véritable roulement de tambour. Dans la nuit, les lueurs de départs s'étendaient sur une ligne dont on ne voyait pas le bout. Un véritable enfer pour nous, à plus forte raison pour les destinataires. Cela dura deux nuits et un jour sans arrêt.
A l'issue de ce pilonnage, nous avons attaqué. L'ennemi conscient de l'attaque qui se déroulait et des moyens considérables mis en oeuvre, se replia. Ce repli devait être de plus de 700 kilomètres. Il devint une véritable retraite, car MONTGOMERY qui dirigeait cette opération ne leur laissa pas le temps d'organiser une nouvelle ligne de défense. La poursuite s'engagea. Les chars, les véhicules blindés, l'artillerie, l'aviation, l'infanterie portée, tout se lança à la poursuite des Allemands et aussi des Italiens, car paraît-il, la Division"Ariette" était dans le secteur. Un point était particulièrement difficile, la passe d'Halfaya, juste à la frontière entre l'Egypte et la Libye.
Sur cette route côtière , Halfaya se dresse en haut d'une falaise abrupte qui aurait pu constituer une excellente position pour l'ennemi, si nous l'avions laissé s'y installer. D'autre part, pour y accéder, la route a un très fort pourcentage de pente et comporte des virages nombreux et très courts. Les camions ne peuvent l'aborder qu'à une vitesse très réduite. Il fallait bombarder cette passe qui était un point de passage obligé pour y détruire le plus possible de matériel et ralentir, sinon bloquer, le reste de la colonne ROMMEL.
Nous n'avons pas continué la poursuite car, après la première phase de l'attaque, nous avons été dépassés par d'autres éléments et mis en réserve pour quelques jours à El Alamein. Cette "ville" ne comportait qu'une gare, un château d'eau et un tas de ferraille.
Il n'en est pas de même pour Bir-Hakeim. Bien que je n'eusse pas participé à ce fait d'armes, je me devais d'en "toucher un mot". "Bir", en arabe signifie "puits". C'était bien un simple puits, ce qui ne manque pas de valeur dans le désert et mérite d'être signalé. Les F.F.L. s'y sont installés et y ont créé une position qu'ils fortifiaient chaque jour davantage. Au moment de l'avance foudroyante des troupes allemandes qui devaient les mener jusqu'aux portes d'Alexandrie, les Français avaient reçu l'ordre des autorités britanniques de "décrocher". Ils ne l'exécutèrent pas. Les Allemands ne pouvaient laisser derrière eux cet abcès qui risquait d'attaquer les convois de renforts ou de ravitaillement. Ils décidèrent d'en faire le siège. Je crois que cela a duré quatre jours, mais ce temps fut largement mis à profit par les Britanniques pour s'installer sur une ligne interdisant l'accès d'Alexandrie, leur permettant ainsi d'attendre des renforts en hommes et en matériels et de préparer la grande et décisive attaque qui était en cours d'exécution. Leur ordre n'avait pas été exécuté mais les Anglais ne pouvaient que nous en féliciter.
Revenons à El Alamein. Nous y sommes restés quelques jours au repos. Nous y avons même passé Noël 1942. Nous y avons organisé une petite fête pour distribuer les cadeaux qui nous étaient offerts par les Français Libres d'Egypte (civils).
Un arbre de Noël fut réalisé avec les moyens du bord. Un poteau télégraphique constituait le tronc, les branches n'étaient que des fils de fer barbelés. L'infirmerie nous procura la neige en forme de coton hydrophile. La même matière constitua la barbe d'un grand Sara qui figura le père Noël. Cette petite fête nous a un peu égayé et j'en ai gardé des souvenirs sous forme de photos.
Nous avons enfin repris la route qui était devenue un véritable "tape-cul", défoncée par les bombes et les obus de toutes sortes, surtout jusqu'à Halfaya. Nous pouvions nous rendre compte, de visu, de l'étendue du désastre subi par les Allemands. Nous avons longé la côte, quittant l'Egypte pour entrer en Cyrénaïque, dont une large bande était verte et fertile, avec de jolies petites villes comme Derna et Tocra. Nous ne nous sommes arrêtés qu'à Tobrouk ou plutôt ce qui en restait car la ville était entièrement détruite, il n'en restait pas pierre sur pierre".
(C'est long mais c'est conservé ;) )
Laurent Laurent laloup le samedi 17 février 2007 Recherche sur cette contribution | |
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