Contributions - Les Français Libres

Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943

 
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" L’histoire méconnue de Noël et Estelle Arhan, résistants de la première heure à Loctudy

Un colloque exceptionnel est proposé samedi au centre culturel de Loctudy. Il honorera la mémoire de Noël et Estelle Arhan, deux résistants de la première heure dont l’histoire reste largement méconnue.

« Un jour, on saura ce que Noël a fait ». Ces mots sont de la mère de Noël Arhan, Estelle, décédée le 3 juillet 1982, à l’Hôtel-Dieu à Pont l’Abbé, à l’âge de 88 ans, sans s’être jamais remise de la culpabilité qu’elle s’attribuait pour la mort de son fils.

« Mort pour la France », Noël Arhan est l’un des rares Loctudistes titulaires de la Médaille de la Résistance française, attribuée le 31 mars 1947. Cette histoire méconnue sera détaillée samedi, et plus largement, celle de la Résistance, par les différents intervenants du colloque. Pour Yves Blanchard, secrétaire du comité d’organisation du rendez-vous, « elle doit avoir valeur d’exemple pour les jeunes générations ». Plusieurs interventions de professeurs d’histoire, d’historiens et spécialistes locaux (*) permettront de replacer cet engagement familial dans le contexte historique des années d’occupation en Pays bigouden.

Noël Arhan s’est engagé dans la Résistance à l’âge de 17 ans. La famille Arhan enracinée à Loctudy depuis trois générations

Le 22 juin 1940 est conclu l’armistice entre le IIIe Reich allemand et les représentants du gouvernement de Philippe Pétain, appelé quelques jours plus tôt par le président Albert Lebrun, après la démission du président du conseil Paul Reynaud. L’armée française, considérée par de nombreux observateurs comme la meilleure du monde, a été balayée en six semaines par les forces de la Wehrmacht. Dans leur ensemble, les Français sont sidérés. Dans ce contexte bien sombre, le célèbre appel du 18 juin, lancé par le général de Gaulle sur les ondes de la BBC, fait office de lumière et d’acte fondateur de la Résistance française. Dès l’été 1940, des milliers de volontaires rejoignent les Forces françaises libres désormais menées par le général de Gaulle. Parmi eux, de nombreux marins bretons, partis de l’île de sein, comme de nombreux autres ports de la côte bretonne.

« D’autres, restés sur place mais n’acceptant pas l’occupation étrangère, commencent à s’organiser dès septembre 40, de façon informelle au départ, au gré des contacts ou des impulsions de chacun. Ce premier réflexe n’avait rien d’évident. Mais il a ouvert une voie décisive vers le retour de la liberté. Il a été, à Loctudy, l’honneur particulier de la famille Arhan », explique Yves Blanchard. D’origine capiste, la famille Arhan est enracinée à Loctudy depuis trois générations où elle a créé un hôtel en haut de la rue du Port. « Estelle Arhan est veuve de guerre et son fils Noël pupille de la Nation, ce qui peut aider à comprendre leur refus instinctif du défaitisme de 1940 », précise Yves Blanchard. C’est ainsi qu’Estelle Arhan fait ses premières armes dans une branche d’un réseau d’origine britannique, le réseau Buckmaster, piloté par le Special operation executive (SOE), un service secret créé par Winston Churchill en juillet 1940. Elle figure dans les recrues du réseau comme agent P1 à partir de juillet 1941, avec une fonction « d’hébergement, boîte aux lettres ».

« À peine sorti de l’adolescence, son fils Noël la suit très tôt dans son engagement. Noël est né le 1er août 1924. Il fait lui aussi partie du réseau ‘’Buckmaster’’, puis bientôt, sous le nom de code ‘’Dauphin’’, de celui de la Confrérie Notre-Dame-Castille, un des tout premiers réseaux créés en France par le colonel Rémy. Il n’a que 17 ans ! Associé au résistant Pierre Dréau de Lesconil, il organise activement le recueil de renseignements stratégiques, transmis à Londres par ses contacts maritimes et radio. Il s’illustre particulièrement dans le sauvetage d’aviateurs américains abattus dans la région. Il reçoit rapidement des responsabilités exceptionnelles pour son âge, qui s’étendront dans tout le Sud-Finistère, de Rosporden jusqu’à Carhaix. Repéré par la Gestapo en novembre 1943, à la suite de dénonciations dans le réseau parisien, il doit se réfugier dans la clandestinité, d’abord à Pont l’Abbé, puis à Paris, à partir de janvier 1944 ».

« Il vit là dans des conditions très difficiles, toujours pourchassé par les Allemands, sans abris sûr, sans ressources et sans tickets alimentaires », raconte Yves Blanchard.

À la suite d’un abcès mal soigné à la gorge, il est victime d’une septicémie généralisée et meurt le 6 avril 1944 à l’hôpital Necker, à Paris, à quelques mois de ses 20 ans.

* Christian Bougeard, professeur émérite d’Histoire contemporaine à l’UBO, Isabelle Le Boulanger, enseignante et chercheuse à l’UBO, Emmanuel Couanault, docteur en histoire contemporaine, François Fouré, délégué général Finistère du Souvenir Français et Yves Blanchard, secrétaire du comité d’organisation du colloque."

Laurent Laloup le dimanche 03 octobre 2021

Contribution au livre ouvert de Estelle Arhan

Montrée dans le livre ouvert de 2 Noël Arhan

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