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"... Pendant le conflit, Amara Soumah, comme d’autres jeunes Guinéens, rejoint les réseaux de la résistance gaulliste, réseaux installés dans toutes les colonies de l’AOF, de l’Afrique-Equatoriale française (AEF) et des territoires sous mandat du Togo et du Cameroun. C’est à cette occasion qu’il aura son second rendez-vous avec la mort.
Arrêtés sur dénonciations, lui et ses camarades sont transférés sur l’ile de Gorée, au large de Dakar, où ils sont tous condamnés à mort par les administrateurs ralliés au régime de Vichy. Le leader du groupe, Adolphe Gaëtan est fusillé le premier ; d’ailleurs une avenue de Conakry porte aujourd’hui son nom. Les autres, dont Amara Soumah, ont miraculeusement eu la vie sauve quand le sort de la guerre change avec le débarquement des forces américaines en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, et la prise du pouvoir dans les colonies par les généraux Henri Giraud, en Afrique du Nord, et Charles de Gaulle, en Afrique noire.
Les condamnes furent aussitôt libérés et Amara Soumah rejoignit son pays et sa famille après un long périple à travers le Soudan (actuel Mali) et la Guinée.
Amara Soumah reprit immédiatement son travail à la banque et ses multiples activités culturelles, mais également politiques. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les colonies africaines anglaises comme françaises connurent une accélération de l’Histoire.
La Conférence de Brazzaville, du 30 janvier au 8 février 1944, avait réveillé des espoirs. René Pleven, commissaire aux Colonies dans le Comité français de libération nationale, qui avait été créé en juin 1943 à Alger, avait déjà proposé au général de Gaulle de faire évoluer le statut des colonies ; il fallait comme l’écrit le chef de la Résistance dans ses Mémoires d’espoir « remplacer le système de l’administration directe par une nouvelle forme d’association » .
Cette Conférence suscita beaucoup d’espoir parmi les élites africaines, mais aussi d’immenses déceptions.
L’Historien Laurent Gbagbo dans son opuscule, La Conférence de Brazzaville, a bien insisté sur les insuffisances de cette rencontre. Car contrairement aux Français, les Britanniques avaient fait évoluer de façon très significative leur système. Les fédérations du Nigeria connurent très tôt le self-government.
II ne faut donc pas s’étonner du succès que connurent les Groupes d’études communistes (GEC), qui avaient été créés dans les principales capitales de I’AOF, dont Conakry, dès 1943 par des intellectuels membres du Parti communiste français.
Ces GEC formèrent des militants syndicalistes et politiques de très haut niveau. Ils furent décisifs lors de la fondation à Bamako du Rassemblement démocratique africain (RDA) du 10 au 21 octobre 1946,
Cette formation allait revo1utionner la vie politique dans toutes les colonies françaises en Afrique noire. En Guinée sa section territoriale, le Parti démocratique de Guinée (PDG), vit le jour en 1947.
Son premier secrétaire général fut le Soudanais Madeira Keita ; le premier secrétaire guinéen fut Amara Soumah, auquel succéda Sékou Touré.
Entre-temps, profitant des brèches offertes par les résolutions de la Conférence de Brazzaville, des personnalités se présentèrent aux élections du Conseil général de la Guinée. Le 15 décembre 1946, à la 2ème circonscription (2ème collège) Amara Soumah se présenta en compagnie de Toure Fodé Mamadou, Sampil Mamadou, Toure Mohamed N’fa et Bangoura Karim..." 
Laurent Laloup le vendredi 18 octobre 2024 - Demander un contact Recherche sur cette contribution | |