|
Joseph Scheps BRAZZAVILLE 27-28 AOUT 1940. GABON 1940. SYRIE 1941. FORCES FRANCAISES LIBRES. HISTOIRES VECUES , de FREITAG JOSEPH :
"Le Benjamin de la France Libre
II s'agit de notre jeune ami Scheps Joseph, né le 1er mars 1924 à Strasbourg. Réfugié à Tel Aviv (Palestine) avec ses parents.
Scheps s'était d'abord engagé dans les forces britanniques à Sarafepit près de Tel Aviv. Il avait alors quinze ans, et avait tout simplement falsifié son état civil. Il voulait être militaire et se battre pour sa ville natale, Strasbourg.
Son père avait alors pris un avocat pour rétablir son âge réel, pour le faire libérer. Les Anglais l'ont par la suite démobilisé, il avait alors 15 ans 1/2.
Quelques semaines plus tard, arrivent les Forces Françaises Libres au camp de Quastinat en Palestine, le 5 mai 1941. Scheps venait d'avoir 16 ans.
Il quitte une nouvelle fois ses parents et le 5 juin 1941, il signe son engagement volontaire pour la durée de la guerre, devant l'Intendant militaire des Forces Françaises Libres.
Pour ce faire, il a dérobé son acte de naissance de Strasbourg à son père pour le présenter au colonel Kœnig.
Mais vers le début du mois d'août 1941, le frère de Scheps, accompagné du père, sont venus voir le colonel Kœnig pour ramener le mineur Scheps Joseph au bercail. Le colonel disait à M. Scheps père : « C'est votre droit de le ramener, mais en tant que Français, alors que la patrie est en guerre, je ne puis renvoyer votre fils contre son gré. — Alors, jeune Scheps, veuillez me répondre, voulez-vous rester? » Scheps répondit : « Oui, mon colonel, je veux rester. » — « Bien! Alors rompez et rejoignez votre unité. »
En pleurant, il a quitté son père et son frère pour retrouver ses camarades.
Scheps a été muté de la 3e brigade coloniale dissoute au B.M.XI à Beyrouth, le 1er avril 1942. Dès son arrivée, il obtint une permission de dix jours pour Tel Aviv chez ses parents. Il fut très vite fixé. Le lendemain de son arrivée, il ne trouva plus son uniforme. Son père l'avait caché. Il lui disait : « Pour toi... l'armée, c'est terminé! » Le père avait fait intervenir le consulat de France auprès du général Catroux qui signa la démobilisation du jeune Scheps.
Mais Scheps ne se considérait pas démobilisé. A ses frais, en civil, il rejoint son unité à Beyrouth où il a été affecté à ma section de transmissions. Nous l'avons rééquipé.
Le B.M.XI fit mouvement vers l'Egypte le 10 avril 1942 en passant par la Palestine. Il était avec nous. Il arrive à Giarabub le 7 mai 1942. Dans la section de transmissions, il était du groupe des téléphonistes.
Notre benjamin avait une conduite exemplaire au feu. Comme centraliste à El Alamein, plateau d'El Himemat, il réparait sous les bombardements les plus violents les lignes téléphoniques.
Il avait du courage, il fit l'admiration de nos camarades ; toujours avec le sourire, il acceptait n'importe quelle mission.
Par la suite, il se trouvait en Tunisie, en Italie, en France. Malgré sa conduite exemplaire, au feu, il a quitté la France Libre sans Croix de guerre, alors qu'il aurait mérité la Légion d'Honneur pour sa bravoure.
Il était fier de servir son pays, car pour lui le patriotisme n'était pas un vain mot.
Lorsque notre jeune ami lira ce témoignage, nous espérons qu'il aura la satisfaction de penser : « J'ai servi la France, avec honneur et fidélité! »
(Écrit en 1975 à son ami Scheps par son ancien chef de section Freitag.) " Laurent Laloup le samedi 25 avril 2009 - Demander un contact Recherche sur cette contribution | |