Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943

 
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Jacques Marcuse



Naissance : 25 aout 1911 - Bruxelles, Belgique

Engagement dans la France Libre : Indes en juillet 1940

Affectation principale : Comités /

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Jacques Marcuse - son Livre d'or !
 

La France en Chine de Sun Yat-sen à Mao Zedong, 1918-1953 De Nicole Bensacq-Tixier



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Laurent Laloup le mardi 26 novembre 2019 - Demander un contact

La page d'origine de cette contribution


" Avec ses bottes cirées, ses culottes de cheval et son monocle rivé à l'œil, Jacques Marcuse était incontestablement un personnage. « Un personnage à faire rêver les aspirants au titre de grand reporter », diront Jean Huteau et Bernard Ullmann dans leur histoire de l'Agence France Presse(1). Mais Jacques Marcuse était plus encore une personnalité. Pionnier du journalisme en Chine, où l'agence Havas le nomma correspondant en 1932, il passera naturellement à la résistance dès le 21 juin 1940 et ralliera ensuite le maquis nationaliste chinois, ce qui lui vaudra d'être arrêté et interné par l'occupant japonais. L'après-guerre le verra à la fois premier traducteur en français des Trois Principes du Peuple du Dr Sun Yat-sen et un des premiers correspondants permanents de la presse occidentale à Pékin. Un des tout premiers aussi à dénoncer avec courage et lucidité les errements du maoïsme, à l'heure où il était de bon ton d'en faire l'éloge inconditionnel.

{...} Né à Bruxelles le 25 août 1911, d'un père lui-même journaliste et d'une mère dramaturge à succès, il partagea les bancs scolaires avec Paul-Henri Spaak, futur ministre belge des Affaires étrangères et grande figure du socialisme européen. A 16 ans, l'attrait du large lui façonne pourtant une destinée peu conventionnelle, même si, comme le souligne aujourd'hui son fils, Elie(2), Jacques Marcuse « est un Belge comme on en faisait à cette époque-là » : il s'embarque, en effet, comme mousse sur un cargo de la marine marchande. Avec trois copains bruxellois, il fera plusieurs fois le tour du monde avant que l'Histoire ne le rattrape à Shanghai, où il débarque en février 1932. C'est une Chine déchirée par les Seigneurs de la Guerre et bientôt envahie par les Japonais qui saisit le jeune Marcuse. Pour ne plus le lâcher : la passion d'une vie est née.

Bien loin de là, à Paris, un autre autodidacte, Léon Rollin, est chargé par Philippe Berthelot, secrétaire général du Quai d'Orsay, de donner une dimension internationale à l'agence française de presse Havas. Il réunit, à cette fin, « une petite équipe d'hommes jeunes, pris dans la presse, dans l'université, voire dans l'administration »(3), « l'écurie Rollin », dont plusieurs membres connaîtront un brillant avenir, qu'il s'agisse de Maurice Schumann, futur secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, ou du journaliste vedette Robert Guillain, qui poursuivra sa carrière au journal Le Monde. C'est précisément avec Guillain que Jacques Marcuse fera ses débuts comme rédacteur au bureau de Shanghai de l'agence Havas, où Léon Rollin s'est résolu à lui donner sa chance.

Promu chef de poste à Tokyo en 1936, Jacques Marcuse ne tarde pas à retrouver la Chine : l'année suivante, il devient correspondant de guerre et on le verra dans les capitales de campagne successives d'un pays où nationalistes, communistes et Japonais se livrent à un infernal jeu à trois. Le grand reporter d'Havas remonte ainsi le Yang-tsé : il est à Hankéou en 1938, puis à Chungking en 1940. De là, il lui aurait été « relativement facile » de pousser jusqu'au quartier général des communistes, à Yenan. Mais Jacques Marcuse ne trouvera jamais le temps nécessaire. Lui qui fut reçu bien plus tard, à Taipei, par Chiang Kai-shek, a manqué ainsi l'occasion de rencontrer l'autre grand protagoniste de cette guerre qu'il a si minutieusement suivie, Mao Tsé-toung. Et cette opportunité ratée, Jacques Marcuse l'a « toujours regrettée »(4), en particulier durant ces années passées à Pékin à la veille de la Révolution culturelle.

L'appel du 18 juin lancé par le général de Gaulle sera très tôt entendu à Shanghai : Jacques Marcuse rompt, trois jours plus tard, avec Havas, devenue l'Office Français d'Infor­mation, inféodé au régime collaborateur de Vichy. Six mois plus tard, il est enrôlé dans les effectifs de l'Agence Française d'Information, organisation indépen­dante que Pierre Bourdan vient de créer à Londres. Les « dissidents de Shanghai »(5), Jacques Marcuse et Roger Piérard, ouvrent donc, en janvier 1941, le bureau de l'AFI dans la métropole portuaire. Chargé de mission par le délégué du général de Gaulle en Extrême-Orient, François Baron, Jacques Marcuse cumule alors les fonctions de correspondant de guerre et de porte­-parole des Français Libres à la radio de Shanghai. Une double casquette qui a tôt fait d'attiser la curiosité de la Kempitai, la police politique des Japonais qui occupent la ville depuis 1937.

Pearl Harbour fait basculer Jacques Marcuse dans la clandestinité. Les Japonais ont, en effet, investi la conces­sion internationale depuis laquelle fonctionnait le bureau de l'AFI. Un matin de février 1942, Roger Piérard et Jacques Marcuse, {...} déguisés en coo­lies, franchissent les lignes nippones et rejoignent la IVème Armée de route : les journalistes sont devenus guérilleros, aux côtés des forces nationalistes. Pen­dant plusieurs semaines, Jacques Marcuse sillonne ainsi l'arrière-pays shanghaïen. « J'opérais modestement comme membre d'une unité de guérilla chinoise », se rappelle-t-il en parcourant ce terrain vingt ans plus tard(6). « Nous changions de campement toutes les nuits, avec les patrouilles japonaises toujours vingt­-quatre heures derrière nous. Ces déplacements se faisaient surtout en sam­pan car les petits cours d'eau étaient trop nombreux pour que les Japonais puissent les tenir tous constamment à l'œil. »

L'offensive nippone sur Souchéou mettra un terme précoce à cette aventure insolite. Blessé, Jacques Marcuse revient se faire soigner à Shanghai. Comme Roger Piérard, il est bientôt arrêté par les Japonais. Mais, alors que son ami passera toute la guerre dans les camps nippons, Jacques Marcuse est secrètement échangé en septembre 1942 à l'initiative de la légation suisse. {...} Sur le bateau qui l'emmène vers Lourenço­-Marques (la colonie portugaise du Mozambique fournissait le terrain neutre nécessaire à la transaction) et de là vers Durban, en Afrique du Sud, Jacques Marcuse entendra la radio japonaise annoncer son exécution!

L'émotion sera de courte durée. Jacques Marcuse est rapidement de retour en Asie : l'Agence Française d'Information l'accrédite auprès du quartier général de Mountbatten en Inde, le SHAEF (Supreme Headquarter of Allied Expeditionary Forces). Il ouvre le bureau de l'AFI à New Delhi et couvre alors la fameuse campagne de Birmanie, montant quelquefois dans ces terribles « coucous » qui assureront, par-dessus les lignes japonaises, un pont aérien vers la capitale de Chiang Kai-shek à Chung­king. Cette participation aussi insolite qu'intrépide aux actions de la résistance, aux antipodes de la France, vaudra à Jacques Marcuse l'hommage posthume du général d'armée Jean Simon, alors président national de l'Association des Français Libres(7).

La fin de la guerre consacre la disparition de l'agence Havas au profit d'une nouvelle Agence France Presse (AFP) et Jacques Marcuse est tout désigné pour en assumer la direction régionale en Asie. Il lui incombe, à partir de Delhi, de réorganiser tous les ser­vices du continent et sa juridiction s'étend de l'Egypte à la Chine! C'est au Japon qu'il se distingue à nouveau : avec son ancien compagnon d'armes, Robert Guillain, il révèle l'existence de prisonniers politiques communistes parmi lesquels l'ancien secrétaire général du PC nippon, M. Tokuda, détenu depuis dix-huit ans! La nouvelle, qui fait le tour du monde, plonge la Maison-Blanche dans l'émoi : MacArthur contraint le prince Hagashikuni et son gouvernement à démissionner.

Des communistes, Jacques Marcuse va en retrouver en Chine, où il est nommé directeur de l'AFP en août 1947. La guerre que se livrent Mao et Chiang Kai-shek le ramène une décennie en arrière, dans cette même ville de Shang­hai que les Japonais l'avaient forcé à quitter cinq ans plus tôt. Les combats qui s'intensifient, l'exode des popu­lations et des grands capitalistes, la mort annoncée du « Paris de l'Orient », fournissent ample matière à dépêches. Mais la prise de la métropole portuaire par les communistes sonne bientôt le glas du bureau de l'AFP. Celui-ci est finalement fermé en 1949 et Jacques Marcuse sera tenu d'abandonner une nouvelle fois Shanghai en août 1950..."



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Laurent Laloup le mercredi 20 septembre 2017 - Demander un contact


Friend of China, The Myth of Rewi Alley, De Anne-Marie Brady 

Laurent Laloup le jeudi 03 juillet 2008 - Demander un contact


" Another good friend in those days was the journalist Jacques Marcuse, a Belgian who represented AFP in the Chinese capital in the 1960s. At a time when the Western media were represented only by Reuters and this agency, he was a familiar figure, distinguished by his monocle, and his sardonic humour. He had lived in Shanghai in the late 1930s and knew some of the leading figures from that time; this made him a cynic and sometimes rather sharp in his judgments. Jacques also had a fund of jokes, most of which he swore were true stories. His book “Peking Papers” contains many of the outrageous stories which I had heard first-hand from him - not always to be taken literally, but poking fun at some officials and others who were excessively serious. An example was his habit of inventing his own so-called sayings of Confucius - Jacques claimed that there was no one who ever responded that the “saying” cited was bogus, or that he did not recall any such statement by Confucius. Jacques was admired by his friends for another reason; at the bar at Beijing Airport, he had a standing arrangement to have “his” bottle of Maotai. Friends were welcome to dip into it as they awaited delayed flights - all one had to do was to call for Mr. Marcuses’ bottle!"

ignca.nic.in 

Laurent Laloup le jeudi 03 juillet 2008 - Demander un contact

Dernière mise à jour le mardi 26 novembre 2019

 

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