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Paulette Hamon ? " ... Monseigneur Cassaigne tentait alors, se substituant à la Croix Rouge que les Japonais ne reconnaissaient pas, de monter un service d'entraide pour les Français chassés des plantations et des villages que les Japs concentraient dans un "périmètre", sans ressources. Nous y vîmes un avantage: Les Japonais arrêtaient moins les Européens qu'ils rencontraient dans les rues en ayant l'air d'être occupé. Cela nous donna l'idée d'essayer de quitter Saïgon, via Tan Dinh, dans l'espoir de gagner la brousse. Heureusement, nos tentatives furent vaines, car nous sûmes par la suite que, même les troupes disposant de vivres et d'armement ne purent tenir au-delà de quelques petites semaines dans le sud de l'Indochine. Les missions pour le Commandant Rousson se faisaient rares, car il avait été impossible de trouver le moindre moyen de communiquer avec l'extérieur. Madame Paulette Chavanac, qui n'était pas alors l'épouse de ce Compagnon de la Libération, malgré toute son audace qui l'avait conduite loin dans la Résistance, était dans le même cas: En bonne Bretonne, elle s'obstinait. C'est ainsi qu'arriva le 17 Mars. Au matin, suivant Martinot, je sortis en me dirigeant vers l'arroyo chinois, de façon à ne pas être dans la villa pendant les perquisitions commencées à l'autre extrémité de la rue. Au premier carrefour, un Jap, qui me paraissait très occupé à son moteur sous le capot de son Chevrolet, sauta soudain à terre, empoigna son fusil baïonnette au canon, et, à grand renfort de "kura, kura", me fit signe d'aller vers une sentinelle qui se profilait au carrefour suivant: De sentinelle en sentinelle, je me vis embarqué dans un camion et débarqué au camp Virgile. Prisonnier des Japs. J'eus un moment d'angoisse, dissimulée cependant: J'avais sur moi une photo de de Gaulle prise à Londres en 1943. Elle passa pour celle de mon père; ce qui lui valut un salut! La captivité dura six mois. Ce n'est pas sans raison que les camps de prisonniers des Japs ont été assimilés à ceux de Rawa Ruska où les Nazis "mataient" les prisonniers de guerre réfractaires. Après la captivité, nous eûmes la preuve que notre mort, à tous, était programmée. A la mi-Juin 1945 les prisonniers du Camp Virgile furent transférés au Camp des Pallières: Une véritable marche au calvaire à travers la ville de milliers de squelettes sans force. Ce sont pourtant ces hommes.... "avec des bouts de ficelles" comme l'a dit De Guerny, qui construisirent deux postes de radio avec lesquels ils captaient Radio Delhi, - experte en désinformation de l'ennemi -, et reçurent, avant les Japs, l'étonnante nouvelle de la demande de capitulation de l'Empereur du Japon. Il y avait une séance théâtrale de prévue au camp, la première et la dernière: C'est sur la scène que fut donnée la nouvelle, en Breton... et aussitôt diffusée. Deux mille hommes se levant tandis que les Bretons entonnaient le Bro Goz ma Zadou! Les Japs un instant déroutés firent vider les lieux. Le pire était à craindre, mais ils eurent la confirmation de l'effarante nouvelle, pour eux. Quelques jours plus tard, le Colonel Mazura, sorte de vieil adjudant grincheux surnommé Charlot à cause de sa moustache, lut à ses troupes, devant les prisonniers, le Rescrit Impérial "accordant la Paix au Monde"... Ce jour là j'affichai le meilleur dessin du journal mural où je m'efforçais de traduire par le trait les informations reçues par ce magicien de l'électricité, Younzeff. Fin Août, rassemblant une douzaine de camarades, je m'emparai du poste de police du camp; laissant aux Japs la responsabilité de la sécurité extérieure, selon les prescriptions des directives de Lord Louis Mountbatten, Commandant en Chef dans le Sud-Est Asiatique. De cette équipée j'ai ramené un clairon nippon. Je l'ai remis au Musée des Traditions des Troupes de Marine. Puis, s'étant emparés des armes à la Pyrotechnie, les ex-prisonniers libérèrent Saïgon le 22 Septembre 1945. Leclerc arriva début Octobre. Il y eut un second dégagement du périmètre de Saïgon: Au pont de Phu My, il me remarqua, ce qui me valut ma troisième citation de la Croix de Guerre, et la Médaille Militaire. La guerre était finie......."
"... Durant cette période, les femmes vont oeuvrer à tous les niveaux. Des milliers furent agents de liaison, agents de renseignement, passeurs... Il y eut également des chefs de maquis (la capitaine Annick, la capitaine Claude) et des chefs de réseau ( Marie Madeleine Foucarde, Odette Samson). L'immense majorité est demeurée obscure, mais elles seront quelques-unes à qui leur courage et leur héroïsme vaudront la célébrité : Marie-Claude Vaillant-Couturier, Marie-Claire Scamaronie, Nicole De Hautecloque, Geneviève De Gaulle, Danielle Casanova, et aussi Suzanne Thian, qui cacha et fit évader 500 prisonniers, Paulette Chavanac, qui lutta contre le féroce Kempetaï (la Gestapo japonaise en Indochine), Bertie Albrecht, qui fut l'adjointe d'Henri Frenay à Combat. Sept mille femmes furent déportées en Allemagne..."
Harrisonburg Daily Independent Newspaper Archives Saturday, April 24, 1965 - Page 4 " Paulette Angelique Chavanac, wife of Paris’s new mayor, Albert Chavanac, has been awarded more important military medals than her husband for her work as a resistance fighter against the Japanese in Indochina during the war. These include America’s Medal of Freedom Nicknamed “The Lioness” because of her heroism, Mme. Chavanac now lives with her husband in a small, three-room apartment on the Rue Gericault. “I now battle for orphans and old people,” she said “Having a small, practical apartment gives me time for this important work.”..."
Laurent Laloup le mercredi 14 août 2019 - Demander un contact Recherche sur cette contribution Réponse : Rue Gericault, Paris 16e 
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