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Jacques Mordal, nom de plume d'Hervé Cras (1910 - 1980), historien militaire spécialisé dans les guerres maritimes. Fils du médecin général Charles Cras (1875-1959), neveu de Jean Cras, Hervé Cras entre en octobre 1928 à l’École de santé navale de Bordeaux dont il sort en décembre 1930 médecin de 2e classe.
En 1934, il embarque sur l'aviso Ailette et est nommé médecin de 1re classe en mars 1935, en escadre de l'Atlantique sur les contre-torpilleurs Audacieux et Terrible (1935-1937). En 1939, il sert sur les bâtiments de ligne Dunkerque et Strasbourg puis, en avril 1940, sur le contre-torpilleur Jaguar qui est coulé le 23 mai. Il gagne alors Dunkerque où il soigne de nombreux blessés sous des combats incessants, ce qui lui vaut une citation à l'ordre de l'armée de mer.
Au moment de l'évacuation du port de Dunkerque, le 4 juin 1940, il embarque sur l' Émile-Deschamps qui explose sur une mine magnétique. Grièvement blessé, il est d'abord évacué en Angleterre avant de rentrer en France.
En décembre 1940, il est apte de nouveau à embarquer et sert sur le contre-torpilleur Albatros. Il reste quelque temps à Oran puis travaille à l'hôpital Sainte-Anne de Toulon (1941) avant d'être nommé à Vichy, en avril 1942, au cabinet de l'amiral Auphan.
Médecin de l'inscription maritime à Dieppe (janvier 1943), médecin principal (octobre 1943), il donne aux Alliés des renseignements importants, ce qui lui vaut une nouvelle citation. Il termine la guerre auprès des fusiliers marins au secteur maritime de Dunkerque puis est adjoint au chef du Service de santé des gens de mer en septembre 1945.
En octobre 1948, il sert sur le porte-avions Arromanches et fait compagne en Indochine (1948-1950). Médecin en chef de 2e classe (janvier 1951), il est affecté au Service historique de la marine à Paris et est promu médecin de 1re classe en juillet 1957. Il prend sa retraite militaire en septembre 1969 et devient alors chef du Service des études au musée de la Marine.
Il commence alors une importante œuvre littéraire et historique sous son nom et sous le pseudonyme de Jacques Mordal, principalement consacrée à la Seconde Guerre mondiale. Étienne Taillemite n'hésite pas à écrire : « ... une oeuvre considérable [...] dans laquelle la sûreté d'une information puisée aux meilleures sources s'allie à une grande objectivité et à un style très vivant »1.
Réputé internationalement, l'Académie française lui remet le prix général Muteau (1949) pour La bataille de Dunkerque, le prix Albéric Rocheron (1953) pour La bataille de Casablanca et le grand prix Gobert (1959) pour La Marine française pendant la Seconde Guerre mondiale2. Il reçoit aussi le grand prix de l'Académie de marine et devient membre de l'Institut d'études stratégiques de Londres et de l'Académie de marine allemande.
On lui doit, en outre, de nombreux articles publiés, entre autres, dans la Revue des Deux Mondes, la Revue maritime, la Revue Défense nationale, la Revue historique des armées ou encore dans les Écrits de Paris, de nombreuses préfaces et de nombreuses participations à des ouvrages collectifs.
Il est aussi le traducteur, entre autres, des Carnets secrets du général Patton (1975), de La Guerre sans haine d'Erwin Rommel (2 vol., 1952-1953), du Hitler chef de guerre de Gert Buchheit (de) (1961) ou encore de Le téléphone rouge ne répond pas de Peter George (1966)."
Hervé CRAS
Né le 7 août 1910 - Evreux, 27229, Eure, Normandie, France
Décédé le 2 novembre 1980 - Saint-Mandé, 94067, Val-de-Marne, Ile-de-France, France, à l'âge de 70 ans
Médecin de marine et historien
"Hervé Cras, également connu sous les pseudonymes de Jacques Mordal et Pierre Mardyck, est né à Evreux le 7 août 1910 et mort à Paris le 2 novembre 1980.
Fils du médecin général Charles Cras et neveu de l’amiral Emile Cras (compositeur de musique et inventeur de la règle de ce nom), Hervé Cras entre à l’école de santé navale de Bordeaux en décembre 1928.
Médecin de 2ème classe en décembre 1930 et de 1ère classe en mars 1935, Hervé Cras sert sur l’aviso Ailette, les contre-torpilleurs Audacieux, Terrible et les bâtiments de ligne Dunkerque et Strasbourg. En 1940, il est coulé deux fois devant Dunkerque, à bord du Jaguar et de l’Emile-Deschamps. Entre temps il a soigné les blessés sous d’intenses bombardements et gagné une citation à l’ordre de l’armée de mer.
Après des affectations dans les hôpitaux d’Oran et de Toulon, Cras est nommé secrétaire particulier de l’amiral Auphan à Vichy entre avril 1942 et janvier 1943.
Envoyé à Dieppe en 1943, Cras fournit des renseignements aux alliés et participe à la libération du secteur militaire de Dunkerque en 1945. Adjoint au chef du Service de santé des gens de mer en 1945, Cras sert en Indochine à bord du porte-avions l’Arromanches entre 1948 et 1950.
Chef de la section « études » du Service historique de la Marine entre 1953 et 1965, il sert encore sur le porte-avions Bois-Belleau en 1957 et sur l’aviso Commandant Bourdais en 1963 avant de quitter le service actif en 1969 pour devenir chef de la section « études » du musée de la Marine.
Auteur d’une quarantaine d’ouvrages et d’une centaine d’articles, Jacques Mordal alias Cras est un historien de réputation internationale, dont les oeuvres ont été couronnées par l’Académie française et l’Académie de Marine. Sous le nom de Pierre Mardyck, Hervé Cras a également publié des articles d’opinion dans des journaux nationalistes comme Aspects de la France et Rivarol. (semele)

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Laurent Laloup le mardi 01 février 2022 - Demander un contact Recherche sur cette contribution | |