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17 août 1944 le Lieutenant Veuve alias Joyeuse échappe aux Allemands Une des activités essentielles des résistants d'Aulnay-sous-Bois consiste à fournir des renseignements aux Alliés, notamment sur les trains transitant par la gare. A cette fin, ils disposent, dans le mois qui précède la libération, d'un émetteur qui leur permet de correspondre avec le B.C.R.A. à Londres. Cet émetteur reste quelques jours chez Madame Chauvin, 5 rue du docteur Roux, mère de Gaston Chauvin, le chef des corps francs d'Aulnay-sous-Bois. Puis il est transféré dans une maison de l'avenue Dumont, maison dont le docteur Perlis, organisateur actif de la Résistance, est le locataire.
Le jeudi 17 août au soir, une émission est prévue dans le cadre du réseau de renseignements baptisé « Sussex ». Le radio, le Lieutenant René Veuve dont le pseudonyme transparent est Joyeuse, s'installe dans le grenier de la maison Perlis. Aux abords de la maison sont placés plusieurs résistants qui font le guet. Brusquement, un nombre important d'Allemands surgissent et investissent la maison. Celle-ci est située en bordure d'un parc planté de grands arbres et de buissons touffus. C'est à travers ce parc, puis par l'avenue Coullemont, non encore contrôlée par les Allemands, et par les voies ferrées, que le Lieutenant Veuve parvient à s'enfuir. Il est recueilli par un commerçant. Dans sa fuite le Lieutenant s’est blessé un pied.
Deux jeunes résistants, Louis Barrault et Pierre Gastaud, n'ont pas cette chance et sont capturés. Ont-ils été pris près de la maison ? Se sont-ils cachés dans le parc ? Ont-ils été rattrapés en essayant de franchir une clôture ? Les témoignages sont imprécis et personne ne sait exactement ce qui s'est passé. Un voisin. Monsieur Lugan, que nous avons interrogé et qui a vécu cette nuit, a entendu de fortes détonations (de grenades pense-t-il) et des coups de feu, certains en rafales, pendant un laps de temps assez long. Les Allemands ont perquisitionné dans la maison de Monsieur Lugan et soigneusement fouillé les taillis.
Le vendredi 18 août, le registre de l'état civil indique qu'ils sont décédés à douze heures, Pierre Gastaud et Louis Barrault sont fusillés dans le parc, à quelques dizaines de mètres de la maison, après avoir été torturés. La bonne du docteur Perlis, présente dans la maison, est épargnée par les Allemands : elle est âgée, et, luxembourgeoise, elle explique en langue allemande qu'elle ignorait ce qui se passait dans la maison. Sans écarter la possibilité d'une "fuite" ou d'une dénonciation, il semble possible que le poste émetteur ait été localisé par les voitures de radiogoniométrie dans les jours précédents. De la rue du docteur Roux à l'avenue Dumont, il a en effet été déplacé de seulement quelques centaines de mètres. Après avoir récupéré les meubles de la maison, les Allemands la détruisent à l'explosif. BERGER le jeudi 23 décembre 2021 Contribution au livre ouvert de René Veuve alias Joyeuse | |