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Paul Hoche Comme me l'apprit Hoche, un gars du BCRA, les affaires du Grand Charles n'avaient en effet pas été tout seul. Hoche, alors chargé d'un service de renseignements pour le compte du BCRA de Londres après l'assassinat de Darlun le 24 décembre 1942 avait rejoint Alexandrie où il fut affecté à la 22e Compagnie nord-africaine. Celle-ci renforcée par de nombreux ralliements se transforma rapidement en bataillon, le 22e bataillon motorisé nord-africain, elle rentra ainsi dans la 13e 1/2 brigade française libre avec la Légion et le bataillon d'infanterie de marine du Pacifique.
Après la jonction à Tripoli avec l'armée Leclerc, Hoche avait participé aux accrochages dans le sud tunisien et à Gabès pour finalement gagner Kairouan puis le Cap Bon où s'était installé l'état-major.
C'est à cette époque que commença un ralliement massif aux F.F.L. des hommes de l'armée Giraud. Des camions entiers venant d'Alger se dirigeaient vers la Tunisie en passant par le Sud algérien via Biskra pour gagner l'état-major de la Ire D.F.L. En particulier tous les gars de l'Est de la France, se sentant plus touchés par la défaite, vinrent, unanimes, se joindre aux anciens de la France Libre portant ainsi son effectif à plus de 8 000 hommes.
Quand Giraud occupa Tunis le 12 mai 1943, les frictions entre son armée, tout au moins entre ses cadres et la Irc D.F.L., devinrent si intenses que les Français Libres, pour éviter une lutte fratricide autant qu'inopportune en présence des Alliés, décidèrent de quitter la Tunisie. Elle voulait ainsi laisser à Giraud le temps de se rendre compte de quel côté soufflait le vent de l'unité et en même temps réorganiser une force importance dans le cadre de la 8e armée blindée pour participer à une opération militaire en direction de l'Europe centrale. Elle espérait y ouvrir un deuxième front allié avec peut-être l'arrière-pensée d'éviter que ces régions soient occupés par l'U.R.S.S.
Finalement cette opération n'eut pas lieu par suite de l'opposition concertée des Russes qui tenaient à mettre la main sur l'Europe centrale et des Américains qui reconnaissaient enfin le poids important qu'allait représenter la France Libre dans la balance des derniers combats sur le territoire français.
Giraud s'étant retiré, la Ire D.F.L. fut rattachée à la Ire armée française en formation au Cap Bon sous le commandement de De Lattre. Kœnig dont le franc-parler lui avait causé des démêlés avec le Troquer quitta alors le commandement de la 1e D.F.L. qui revint au général Brosset.
Hoche ne put m'expliquer ce qui se passa ensuite car il fut affecté à la direction générale des Services spéciaux et partit en mission en U.R.S.S.
Extraut de "Pas de mollesse dans le désert (vu d'en bas)", par Etienne Canonne Laurent Laloup le samedi 09 juin 2007 Contribution au livre ouvert de Paul Bernard Hoch alias Hoche | |